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Le Canada en devenir
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1896 - 1914
Sources
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Campement sur la Rivière-Rouge, expédition Hind, 1857-58 - Archives nationales du Canada / C-004572
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Les relations entre le Canada et les États-Unis (1842 - 1903)

Depuis le milieu jusqu’à la fin du XIXe siècle, les relations entre le Canada et les États-Unis ont connu des hauts et des bas. L’expansionnisme américain menaçait également de s’étendre sur les Prairies que le gouvernement colonial ou fédéral cherchait à occuper. Un groupe d’envahisseurs irlandais, les Féniens, ont même utilisé les États-Unis comme tremplin pour des attaques contre les colonies britanniques. Ces menaces de la part des Américains constituent l’une des principales raisons qui ont motivé plusieurs colonies à se joindre à la Confédération.

Durant cette période, il y a eu aussi quelques escarmouches le long de la frontière entre les deux pays qui ont contribué à diminuer l’estime des Canadiens pour les États-Unis, et cela, en dépit du fait que les deux nations s’étaient engagées brièvement dans le libre échange et que des Américains venaient s’établir au Canada.

Sujets abordés dans cette section :

Le traité Ashburton-Webster, 1842
Le traité de réciprocité
Les expéditions de Palliser et de Hind, 1857 – 1860
La menace des Féniens, 1866 – 1871
L’immigration américaine
Le litige au sujet de la frontière de l’Alaska, 1903
Autres documents importants ou intéressants

Le traité Ashburton-Webster, 1842

Un arpenteur faisant parti de la Commission sur la frontière entre le Maine et le Nouveau-Brunswick - Archives nationales du Canada  / C-135031
Droit d'auteur/Source


Ce traité est parfois aussi désigné sous le nom de traité de Washington. Plusieurs éléments de discorde remontant au traité de Paris en 1783 furent éliminés, car ce traité a accompli deux choses pour l’Amérique du Nord britannique :

  • Il a fixé la frontière entre l’Amérique du Nord britannique et les États-Unis en partant du lac Huron jusqu’à la région du lac des Bois, à l’ouest du lac Supérieur.

  • De manière plus controversée, il a également tracé la frontière séparant les deux pays entre le Maine et le Nouveau-Brunswick. Cela mis fin à une dispute à propos des terres et des ressources forestières.

Ce dernier point soulevait la controverse parce qu’il admettait que des établissements acadiens situés au sud de la rivière Saint-Jean passent aux États-Unis. Cette clause fut perçue comme un geste de la Grande-Bretagne pour plaire aux Américains de la Nouvelle-Angleterre puisqu'en 1839, les deux parties s'étaient engagées dans une impasse au sujet de cette question, sans qu'il n'y ait effusion de sang.

Les établissements français qui restaient au Nouveau-Brunswick ont été autorisés à conserver leur langue et leur culture. Mais les établissements acadiens qui sont passés du côté américain ont graduellement été assimilés dans la culture américaine.

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Correspondence respecting the Commission for tracing the Boundary Line between Her Majesty's Possessions in North America and the United States, under the Treaty signed at Washington, August 9, 1842

 
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Le traité de réciprocité

En 1854, l'Amérique du Nord britannique et les États-Unis ont signé un traité de réciprocité ou une « entente de libre échange ». Ce traité fut surtout profitable pour les Maritimes parce qu'il permettait aux pêcheurs de la région atlantique de l'Amérique du Nord britannique de jeter leurs filets dans les eaux américaines sans se voir imposer beaucoup de conditions. Par ailleurs, selon les clauses de ce traité, les produis agricoles, parmi d'autres articles importés, pouvaient être introduits au Canada sans frais de douanes. Naturellement, le volume des échanges avec les États-Unis augmenta au cours de cette période.

Mais, en 1865, le gouvernement américain avisa la Grande-Bretagne qu'il voulait mettre fin à ses engagements dans ce traité. Son abrogation l'année suivante fut l'une des principales raisons qui ont amené plusieurs colonies de l'Amérique du Nord britannique à vouloir adhérer à la Confédération, puisque la fusion leur offrirait de nouveaux partenaires commerciaux.

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Memorandum on the fisheries question, 1870 (Une description de la situation des pêcheries avant, pendant et après le Traité de réciprocité.)

 
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Les expéditions de Palliser et de Hind, 1857 -1860

Avant 1855, le dernier lopin de terre resté à l’état sauvage dans le Canada-Ouest (anciennement le Haut-Canada) a été vendu pour la colonisation. Les politiciens purent alors se tourner vers les Prairies dans l’espoir d’y trouver possiblement une nouvelle région à ouvrir aux immigrants. Depuis 1857, deux explorateurs, John Palliser et Henry Youle Hind, partiraient sur une « expédition scientifique » afin de déterminer si ce territoire convenait à une colonisation massive.

Toutefois, l’expédition de Palliser avait un autre but : celle d’arpenter le 49e parallèle qui deviendrait possiblement la frontière ouest, entre les États-Unis et le Canada. Cela était crucial puisqu’au cours des années 1860, l’Amérique avait construit de nombreux chemins de fer intercoloniaux allant d’est en ouest, un geste considéré par certains en Amérique du Nord britannique comme une tentative de la part des Américains d’étendre leur territoire dans ce qui allait devenir le Canada.

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Narrative of Red River Expedition (Hind expedition), 1857, Vol. I

 
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Narrative of Red River Expedition, 1857 Vol. II

 
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Palliser Expedition notes, 1857 - 1860

 
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Papers calling for the removal of the (British) seat of government and the (United States) annexation movement, 1850

 
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La menace des Féniens, 1866 - 1871

Portrait de Thomas D'Arcy McGee - Archives nationales du Canada  / C-016749
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Le mouvement des Féniens a débuté en 1857 dans le Royaume-Uni dans le but d’obtenir l’indépendance de l’Irlande face à la Grande-Bretagne. Une aile américaine a cependant surgi et, avant 1865, elle avait engagé environ 10,000 vétérans de la guerre civile et possédait près de 500,000 $ en réserve.

L’objectif de cette branche américaine était d’envahir l’Amérique du Nord britannique afin de recueillir du support pour sa cause.

En avril 1866, les Féniens ont tenté d’envahir le Nouveau-Brunswick. Bien qu’ils furent repoussés avec succès, cette invasion a fait comprendre à plusieurs la nécessité d’avoir un pays unifié, capable de contrer les invasions transfrontières ou les rébellions.

Alors que la menace des Féniens s’est estompée quelque peu après la Confédération, trois autres événements importants reliés à ce groupe sont survenus :

  • En 1868, un présumé Fénien du nom de James Patrick Whelan aurait supposément assassiné un politicien irlandais plus ou moins populaire du nom de Thomas D’Arcy McGee. (Le procès de Whelan fut entaché d’erreurs qui ont conduit certains historiens à remettre en question sa culpabilité en cette matière.)

  • En 1870, deux petites incursions des Féniens furent menées au Québec.

  • En 1871, un groupe de Féniens ont tenté d’entrer au Manitoba. Ils espéraient obtenir le soutien de Louis Riel et des Métis, et attirer l’attention sur leur cause en organisant une rébellion. Mais ce groupe fut arrêté par les autorités américaines juste avant qu’il n’atteigne la frontière canado-américaine.

La création de la Police montée du Nord-Ouest en 1873 a mis fin à la menace des attaques de le part des Féniens.

 

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Acte pour autoriser Sa Majesté à secourir la veuve et les enfants de l'honorable Thomas D'Arcy McGee

An act to provide for the widow and children of the late honourable Thomas D'Arcy McGee, 22 May 1868

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Documents relatifs aux incursions des rebelles sudistes sur la frontière des États-Unis et à l'invasion du Canada par les Féniens, 1869

 
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Correspondence regarding the recent Fenian aggression upon Canada, 1867?

 
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The Poems of Thomas D'Arcy McGee, 1869

 
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L’immigration américaine

Chariots couverts arrivant des États-Unis dans le sud de l’Alberta - Archives nationales du Canada  / C-037957
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Alors qu’en général, le public Canadien n’appréciait pas que les Américains immigrent dans l’ouest du Canada, le gouvernement fédéral appuyait, à l’occasion, le mouvement des Américains dans le pays pour les raisons suivantes :

  • Les Américains, en général, étaient plus riches que les immigrants européens, ce qui signifiait qu’ils étaient habituellement plus autonomes.

  • L’Amérique était située tout près, ce qui facilitait l’entrée des ouvriers spécialisés.

Quoique l’immigration américaine se faisait plutôt au ralenti avant la ruée vers l’or du Klondike, à la fin des années 1890, le Canada attirait des ouvriers américains cherchant du travail saisonnier ou permanent. Les menuisiers étaient nécessaires pour construire des maisons. Il en était de même pour les ouvriers spécialisés dans la construction des ponts et des mécaniciens pour travailler sur le chemin de fer du Canadien Pacifique (CP).

Les bouviers américains aussi se sont dirigés vers le nord pendant un temps, grâce aux pâturages disponibles dans ce qui est aujourd’hui le sud de l’Alberta.

Le saviez-vous ?

En 1884, la Grande-Bretagne s’inquiétait de l’importation du bétail contaminé provenant de certaines régions des États-Unis via le Canada. On craignait que les bestiaux soient infectés avec une maladie contagieuse appelée la pleuropneumonie bovine, une maladie qui se répand lentement et qui touche les poumons et les articulations. Contrairement aux inquiétudes actuelles concernant la transmission de la maladie de la vache folle aux humains, cette maladie infectait uniquement le bétail. C’était toutefois une maladie assez sérieuse qui exigeait souvent, au cours des années 1880, que les animaux soient massivement placés en quarantaine ou envoyés à l’abattoir. Avant 1892, cette maladie fut finalement enrayée en Amérique.

Après la Confédération, les tarifs sur les marchandises transportées des États-Unis au Canada étaient élevés. Certaines compagnies américaines commencèrent donc à établir des « filiales » au Canada qui s’occuperaient de la fabrication dans le but de contourner ces lois fiscales.

Des groupes religieux, tels que les mormons, reçurent des dons généreux en lots de terres, surtout au début du XXe siècle. C’était parce qu’ils étaient robustes et bons dans les travaux agricoles.

Mais, avant 1910 environ, l’immigration américaine sur les Prairies demeura généralement peu importante. La cause peut être attribuée en partie au fait que, depuis 1885, le chemin de fer du Canadien Pacifique (PC) détenait un monopole de 20 ans sur les terres situées au sud de sa ligne. Cela voulait dire que les chemins de fer américains ne pouvaient pas construire des lignes secondaires pour se relier au chemin de fer canadien sans payer des sommes scandaleuses au CP.

La plupart des colons devaient donc se rendre au Canada en empruntant le service ferroviaire existant en direction nord-sud jusqu’à Winnipeg. Ce trajet était très retiré pour ceux qui vivaient dans l’ouest des États-Unis. Par ailleurs, la rébellion du Nord-Ouest de 1885 présentait une image négative de l’Ouest canadien. À cause de cette escarmouche, des rumeurs circulaient aux États concernant les régions sauvages et indomptées du Canada.

Le litige au sujet de la frontière de l’Alaska, 1903

Litige au sujet des frontières de l'Alaska, 1903
Litige au sujet des frontières de l'Alaska, 1903

Une dispute de longue date entre le Canada et les États-Unis au sujet de la frontière entre l’Alaska et le Territoire du Yukon éclata à la fin du XIXe siècle.

Au moment où les Américains achetèrent l’Alaska des Russes en 1867, le territoire fut cédé avec ses frontières fixées par un traité datant de 1825. Cette frontière comprenait des régions couvertes de fjords profonds situés le long des côtes dans le sud de l’Alaska.

En 1897, une ruée vers l’or débuta dans le Territoire du Yukon, attirant une foule de chercheurs d’or et de prétendus colons. Puisque le moyen le plus rapide de se rendre dans le Yukon était de remonter la côte en bateau à vapeur, les citoyens canadiens voulant atteindre cette région devaient emprunter un trajet compliqué. Les prospecteurs devaient s’arrêter en territoire américain et recevoir une approbation pour entrer dans ce pays avant de pouvoir poursuivre leur route vers le Yukon. Beaucoup de Canadiens éprouvèrent la crainte de voir les Américains outrepasser leur autorité en décidant qui pouvait se rendre dans le Yukon et, par conséquent, le Canada.

En 1903, un tribunal composé de trois Américains, deux Canadiens et un juge en chef britannique du nom de lord Alverstone fut créé pour examiner la question. Plutôt que de créer une impasse et de soulever la colère des États-Unis en prenant la défense du Canada, Alverstone a suggéré un compromis. Il permettrait aux États-Unis de conserver la majorité du territoire en litige en échange de quatre îles qui reviendraient maintenant au Canada.

En vertu de cet accord, le Canada obtient également quelques terres de plus situées juste au-delà de la côte, sur le bord des baies profondes. Le Canada n’a toutefois pas obtenu d’autres terres situées le long de cette côte.

Beaucoup de Canadiens, à l’époque, furent choqués de cet accord, car ils estimaient maintenant que la Grande-Bretagne affirmait ses droits de traité sur le Canada. Sir Wilfrid Laurier a toutefois admis que la Canada avait peu de choix, car la Grande-Bretagne exerçait encore beaucoup de pouvoirs parlementaires et judiciaires sur le pays. Par ailleurs, le gouvernement Canadien n’a pas tenté de porter la décision en appel, probablement parce qu’en 1903, la ruée vers l’or était terminée.

Le saviez-vous ?

Robert Service, comme chacun le sait, a écrit de nombreux poèmes et Gold Rush, un roman sur le Klondike. Il n’a toutefois pas résidé dans le Yukon avant 1904, bien après le départ de la plupart des chercheurs d’or.

 

Le mont Hood, en Alaska, par un clair de lune - Archives nationales du Canada  / C-028659
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Copy of a (British Columbia) report ... on the question of a boundary between Canada and Alaska, 1885

 
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Correspondence respecting the proceedings of the joint commission on the questions pending the United States and Canada, 1898 - 1899

 
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Memorandum on the boundary between Canada and Alaska, 1899

 
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Further Correspondence respecting the proceedings of the joint commission on the questions pending the United States and Canada, 1900

 
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Autres documents intéressants ou importants

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