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Pionniers et Immigrants

1497 - 1760
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1870 - 1896
1896 - 1914
Sources
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Forges de la rivière Saint-Maurice près de Trois-Rivières, Canada-Est  - Archives nationales du Canada / C-001241
Droit d'auteur/Source

La colonisation après les loyalistes II (1830 - 1867)

En 1832, une épidémie mondiale de choléra menaça d’interrompre l’immigration encore une fois en Amérique du Nord britannique. La maladie s’infiltra d’abord en Amérique du Nord, dans ce qui correspond aujourd’hui à l’Est du Canada, avec des immigrants britanniques infectés et qui l’ont propagée ici. (Les immigrants allemands cependant d’abord transmis le choléra en Grande-Bretagne; l’épidémie comme telle avait commencé en Inde.)

Dans le but de mettre la colonie en quarantaine et de la protéger, les gouvernements imposèrent pour la première fois une taxe sur les immigrants. Cette taxe devait servir à la construction de nouveaux hôpitaux pour soigner les malades dans les ports situés le long du fleuve Saint-Laurent et des côtes de l’Atlantique.

Toutefois, cette taxe ne découragea pas les immigrants miséreux d’émigrer de l’Irlande où, à la fin des années 1840, ils avaient subi une famine dévastatrice due à la maladie de la pomme de terre. Cela n’a pas empêché non plus les fugitifs noirs américains d’entrer furtivement dans la Haut-Canada pour se libérer d’une vie d’esclavage.

En fait, la population du Haut-Canada a connu une croissance impressionnante au cours de cette période. Elle passa de 95,000 en 1815 à plus de 950,000 en 1851, l’année où, pour la première fois, elle dépassa la population française du Bas-Canada (officiellement connu à l’époque sous le nom de Canada-Est).

Sujets abordés dans cette section :

Restrictions et taxes sur l’immigration, années 1830
La famine en Irlande, 1846 – 1847
Le chemin de fer clandestin, 1840 – 1860
Les journaux intimes de Susanna Moody et de Catherine Parr Traill
Autres documents intéressants ou importants

Restrictions et taxes sur l’immigration, années 1830

L’Hôpital général, Bas-Canada - Archives nationales du Canada / C-040010
Les traités numéros 1 à 5

Au début des années 1830, un certain nombre d’épidémies particulièrement mortelles de choléra ont surgi en Grande-Bretagne. Puisque la grande majorité des immigrants en Amérique du Nord britannique venaient de la Grande-Bretagne, la maladie s’est répandue dans les communautés portuaires situées le long du fleuve Saint-Laurent dans le Bas-Canada, là où débarquaient les futurs colons.

La plupart de ces colons étaient :

  • soit de l’armée britannique,

  • soit de pauvres gens originaires de l’Irlande.


La propagation rapide du choléra dans la colonie a conduit à la création de nouveaux hôpitaux temporaires et permanents le long du fleuve pour soigner les malades. Puisque la construction de nouveaux hôpitaux coûte cher, l’Assemblée législative du Bas-Canada a décidé d’imposer une taxe temporaire de cinq shillings sur tous les nouveaux immigrants jusqu’au 1er mai 1834. D’autres colonies atlantiques ont suivi l’exemple avec l’imposition de leurs propres taxes et quarantaines.

La nouvelle taxation dans le Bas-Canada devait servir à :

  • contribuer au financement des hôpitaux pour les immigrants à Montréal et à Québec;

  • secourir les immigrants démunis arrivant au Canada;

  • financer de nouvelles communautés d’immigrants à Montréal.

Des dispositions sanitaires furent également prises par la Grande-Bretagne qui adopta une loi sur les passagers, le Passenger Act, qui contenait des dispositions pour la sécurité dans le transport des marchandises. Par ailleurs, les officiers de la marine et les soldats britanniques n’avaient plus le droit de recevoir des terres gratuites dans les colonies canadiennes, afin de prévenir la propagation de la maladie.

Ces taxes n’ont pas découragé les immigrants qui continuèrent à venir s’établir dans toutes les colonies de l’Amérique du Nord britannique. En fait, les immigrants ont trouvé diverses manières de payer les taxes.

L’argent venait souvent de :

  • syndicats d’émigrants britanniques qui avaient la permission de fournir de l’aide financière à ceux qui désiraient s’établir en Amérique du Nord britannique;

  • riches propriétaires fonciers irlandais ou écossais qui se sentaient particulièrement généreux envers les tenanciers souhaitant quitter pour les colonies;

  • églises paroissiales qui furent à même de collecter des fonds pour aider les pauvres à s’établir dans le Haut et le Bas-Canada après 1834.


Le saviez-vous ?

Les effets de la perte des récoltes de certains fermiers et les conséquences des violentes rébellions de 1837 et 1838 ont incité plusieurs colons français du Bas-Canada à se diriger vers les États-Unis. Le Bas-Canada compta plus d’émigrants que d’immigrants entre 1830 et 1867, l’année de la Confédération. Puisque la reproduction naturelle ne pouvait pas produire plus de nouveaux citoyens que l’immigration, les colons anglais du Canada surpassèrent aisément le nombre de francophones dès le début des années 1850.


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Prince Edward Island: Practical Rules and Precautions for the Prevention and Cure of Spasmodic Cholera, probably circa 1832

 
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Copy of a Circular dispatch addressed to the governors of Lower Canada, Nova Scotia and New Brunswick by Viscount Goderich, 11 December 1831

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Lower Canada: An Act to create a fund for defraying the Expense of providing Medical Assistance for Sick Emigrants ... , 25 February 1832

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Nova Scotia: An Act relating to passengers from Great Britain and Ireland arriving in this province, 10 February 1832

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New Brunswick: An Act to regulate Vessels arriving from the United Kingdom with passengers and emigrants

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An act to repeal certain Acts [regarding British emigrants to Lower Canada], probably circa 1849 (Au sujet des taxes sur les nouveaux émigrants et certains émigrants à qui l’on refusa l’entrée dans la province, comme les malades mentaux.)

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Information for the use of Military and Naval Officers proposing to settle in the British Colonies, 1834

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La famine en Irlande, 1846 - 1847

En conséquence d’une famine particulièrement désastreuse en Irlande en 1847, les immigrants irlandais se dirigeaient en masses dans le Nouveau Monde, cherchant à échapper à la faim, la maladie et la pauvreté. En fait, quelque 200,000 Irlandais démunis tenteraient de traverser en Amérique du Nord britannique au cours de la seule année 1847.

Malheureusement, la moitié d’entre eux sont morts à bord les vaisseaux durant la traversée en raison des effets combinés de la faim et de la maladie. Ce qui plus est, 30,000 des 100,000 qui sont débarqués au Canada décéderaient au cours de la première année suivant leur arrivée.

L’horreur de cette situation allait amener le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse à imposer des taxes d’entrée de 10 à 20 shillings sur les nouveaux colons. Cet argent servirait spécifiquement à financer les soins prodigués aux arrivants démunis. Les capitaines de vaisseaux devaient payer des amendes similaires de cinq shillings par tête si des immigrants quelconques à bord leur navire étaient mis en quarantaine.

Beaucoup de ces colons irlandais immigreraient éventuellement aux États-Unis, dans l’espoir d’y trouver de meilleures conditions de vie en travaillant comme ouvriers dans les villes situées le long de la côte Nord-Ouest. En vue d’empêcher que de tels immigrants ne propagent la maladie dans d’autres régions de l’Amérique du Nord, certaines colonies, comme l’Île-du-Prince-Édouard, ont mis en quarantaine les navires qui quittaient leurs ports.

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New Brunswick: Money for the Relief of Destitute Poor in Ireland and Scotland, 1847 (Dons en argent de la province devant servir à secourir les pauvres en Grande-Bretagne.)

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Prince Edward Island: Proclamation regarding length of voyage to other ports in North America, 1849 (Pièce jointe no 1)

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Earl Gray's response to Prince Edward Island Proclamation

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Pour en savoir plus sur ce sujet, veuillez visiter le site bilingue Immigrant Voices.

Le chemin de fer clandestin, 1840 - 1860

Catherine Traill Parr, sa fille et deux de ses petites-filles, 1899  - Archives nationales du Canada / C-067350
Droit d'auteur/Source

Une part importante des connaissances qu’ont les historiens au sujet de l’histoire sociale et du mode vie des pionniers du Haut-Canada sont tirées des écrits de deux femmes en particulier : Susanna Moody et Catherine Parr Traill.

En fait, Catherine et Susanna étaient des sœurs nées d’une famille britannique du nom de Strickland. Elles sont nées en 1802 et 1803 respectivement. Elles ont été élevées, semble-t-il, dans un milieu où régnait la joie et la paix, leur famille étant issue des classes supérieures.

Mais, avant le début des années 1830, Catherine et Susanna étaient mariées et connaissaient des revers de fortunes en Grande-Bretagne. Leurs époux décidèrent donc d’émigrer de la Grande-Bretagne vers le Haut-Canada dans l’espoir d’y trouver une vie meilleure.

Les sœurs, leurs époux et leurs enfants ont immigré dans une région du Haut-Canada située juste au nord du lac Ontario. Ils ont recommencé leur vie en défrichant la terre et en bâtissant leurs maisons comme les autres pionniers. Pendant que Susanna déménagerait d’une propriété à l’autre au cours de sa vie dans la colonie, les deux sœurs ont généralement vécu la plus grande partie de leur vie à proximité de la ville actuelle de Peterborough, en Ontario. À un moment donné, elles résidaient même sur des propriétés voisines l’une de l’autre.

Les deux sœurs ont rédigé des journaux intimes et des mémoires racontant leurs difficultés à s’adapter dans leur nouveau milieu de vie. Éventuellement, les éditeurs britanniques publieraient leurs travaux en tant que guides éducatifs au sujet de la vie en Amérique du Nord britannique. Ces livres ont connu une certaine popularité chez les Britanniques et ont probablement inspiré bien des gens à immigrer au Canada.

Ces livres ont de l’importance aujourd’hui pour les historiens parce qu’ils comptent parmi les rares documents non gouvernementaux relatant ce que devait être la vie au début des années 1830. Le travail de Susanna Moody, en particulier, est aussi acclamé comme l’un des tous premiers exemples d’ouvrages de littérature canadienne populaire.

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Susanna Moodie's Roughing it in the Bush (1852)

 
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Susanna Moodie's Life In The Clearings (1853)

 
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Catherine Parr Traill's Backwoods of Canada (1836)

 
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Catherine Parr Traill's The Female Emigrant's Guide (1854)

 
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Catherine Parr Traill's The Canadian Settlers Guide (1860)

 
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Autres documents intéressants ou importants

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