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La guerre de 1812 entre la Grande-Bretagne et les États-Unis a brièvement interrompu l’immigration vers le Haut et le Bas-Canada, ainsi que vers les Maritimes. Mais, lorsque la colonisation fut relancée après la guerre, la majorité des terres furent alors cédées aux officiers militaires britanniques qui avaient servi durant la guerre de 1812 et la guerre napoléonienne. Les colons américains avaient pratiquement cessé de venir au Canada en raison du refroidissement des relations entre les deux pays. Les nouveaux immigrants viendraient plutôt de la Grande-Bretagne.
Sujets abordés dans cette section :
Le traité de Ghent, 1814
Les vétérans de guerre, 1816
Les réserves du clergé
Les réserves de la Couronne
La Canada Company, 1825
Autres documents importants ou intéressants
Le traité de Ghent, 1814
Sous le traité de Ghent, en 1814, les anciennes frontières entre l’Amérique du Nord britannique et les États-Unis furent rétablies telles qu’elles étaient avant la guerre de 1812. Toutefois, en conséquence de la guerre, la Grande-Bretagne a décidé d’empêcher les citoyens américains d’acheter des terres en Amérique du Nord britannique. Les Américains devaient déjà habiter l’une ou l’autre des colonies britanniques de l’Amérique du Nord depuis au moins sept ans avant de pouvoir acquérir de nouvelles terres.
Ceci allait mettre un frein à l’immigration américaine et encourager davantage l’immigration britannique au Canada. En fait, au début des années 1820, le Haut-Canada s’activait à attirer des tisserands d’Écosse qui vivaient dans la pauvreté à immigrer ici.
Les vétérans de guerre, 1816

Canada, 1867
En guise de récompense pour leurs services, la Couronne britannique a donné à ses vétérans de guerre demeurés en poste au Canada après la guerre de 1812 des concessions de terres gratuites. En général, ces vétérans recevaient des terres situées entre la rivière des Outaouais et le fleuve Saint-Laurent dans le Haut-Canada, et les dimensions des lots distribués étaient en fonction de leur rang. Tous reçurent l’équivalent de huit mois de provisions de nourriture pour qu’ils aient suffisamment de quoi s’alimenter en attendant qu’ils puissent subsister de leurs fermes.
Les soldats et les officiers de la marine britannique qui se retrouvaient au chômage après avoir combattu dans les guerres napoléoniennes en Europe reçurent également la permission de s’établir ici. Le gouvernement britannique a mené une campagne agressive auprès de ces vétérans pour les encourager à s’installer dans ses colonies nord-américaines car, autrement, beaucoup d’entre eux seraient retournés à une vie de misère extrême en Grande-Bretagne.
La Grande-Bretagne tirait d’énormes profits en envoyant ces vétérans en Amérique du Nord britannique :
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Cela permettait à la Grande-Bretagne d’éviter un problème social dont les coûts auraient été élevés (c’est-à-dire de devoir soutenir financièrement des milliers de soldats vivant dans la misère et les épidémies dans le Royaume-Uni).
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Les colonies britanniques se peupleraient de vétérans respectables de l’armée, lesquels seraient à même d’occuper activement des postes d’autorité au sein des communautés naissantes.
La politique de céder gratuitement des terres aux soldats et aux matelots allait durer jusqu’en 1833. Une éruption mortelle de choléra en Grande-Bretagne a entraîné la discontinuation de cette politique.
| L’immigration anglaise augmenta énormément à Montréal et à Québec, dans le Bas-Canada, au cours de cette période. Jusqu’à 40 pour cent des gens vivant à Québec seraient des anglophones, et près du tiers de la population de Montréal serait aussi de langue anglaise. Cependant, la population des francophones monta en flèche dans les milieux ruraux de la province. |
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Les réserves du clergé
Les réserves du clergé furent créées sous l’Acte constitutionnelle de 1791. Selon cette loi, un septième de toutes les terres cédées devaient revenir à l’Église d’Angleterre (appelée aussi Église anglicane) en tant que propriété. Si elle le désirait, l’Église d’Angleterre pouvait louer ces terres à des colons pour en tirer un profit.
Évidemment, cette loi vexa plusieurs protestants non anglicans qui résidaient dans le Haut-Canada, en particulier les membres de l’Église presbytérienne d’Écosse (appelée aussi Église d’Écosse). Les Écossais voulaient que leurs églises puissent recevoir ces terres et les éventuelles retombées économiques tirées de la vente de ces terres ou des rentes foncières.
Mais la plupart de ces terres resteraient vacantes et non défrichées. Il y avait encore beaucoup plus de terres gratuites pour satisfaire les fins de la colonisation au début des années 1800. C’est seulement lorsque certaines de ces terres semblaient finalement destinées à être vendues à des compagnies concessionnaires – comme la nouvelle Canada Company en 1825 – que ces réserves ont de nouveau soulevé l’inquiétude des colons désireux d’obtenir des réformes.
Les réserves du clergé furent finalement sécularisées en 1854, mettant fin à des années de discordes au sujet de leur utilisation.
Les réserves de la Couronne
Les réserves de la Couronne étaient des terres non habitées et riches en ressources minières, forestières et autres appartenant aux gouvernements coloniaux, tout comme les terres de la Couronne qui appartiennent aujourd’hui aux gouvernements fédéral et provinciaux. Le but était que la Couronne soit propriétaire de terres ayant une certaine valeur, capables de générer des revenus pour ses futurs projets résidentiels ou industriels.
Ces réserves étaient une source de discorde entre les colons qui s’inquiétaient de la valeur de leurs propriétés. Puisque les coûts reliés à la construction et à la réparation des routes retombaient carrément sur les fermiers qui possédaient ces terres, et parce que de grandes étendues de terres non habitées appartenant à la Couronne séparaient des fermes voisines, construire une route vers un voisin devenait souvent une tâche ardue et coûteuse pour les fermiers du Haut-Canada.
Ceci empêcha la formation de communautés densément peuplées dans le Haut-Canada, ce qui, en retour, fit en sorte que la valeur des propriétés y demeura moins élevée que celles situées aux États-Unis. Les fermiers américains étaient plus aptes à travailler ensemble afin de former de petites communautés très liées et mieux administrées, ce qui avait pour effet d’augmenter éventuellement la valeur des terres avec le temps.
C’est pour cette raison que certains fermiers du Haut-Canada – à savoir les soi-disant « derniers loyalistes » américains qui sont arrivés dans le Haut-Canada après 1791 et qui n’étaient pas particulièrement fidèles à la Couronne britannique – ont argumenté que l’Amérique du Nord britannique devrait devenir une république semblable aux États-Unis. Ils espéraient qu’en optant pour un système plus américain, leurs terres prendraient beaucoup plus de valeur. En fait, un sondeur écossais du nom de Robert Goulay est devenu en quelque sorte un héro politique populaire lorsqu’en 1804, le gouvernement britannique l’a évincé du Haut-Canada, de peur qu’il ne répande ses idées républicaines
dans la province au sujet des réserves de la Couronne.
Après la guerre de 1812, les réserves de la Couronne sont tombées sous le contrôle de riches propriétaires, membres du pacte de famille. Avant 1825, ces terres avaient été vendues à de grandes compagnies concessionnaires comme la Canada Company pour les besoins de la colonisation, ce qui ramena la question des réserves de la Couronne au premier plan parmi ceux qui s’activaient en faveur d’un gouvernement plus responsable.
La Canada Company, 1825 - 1953

Droit d'auteur/Source
La Canada Company était une compagnie privée, une invention personnelle de John Galt, dont le seul but était de vendre des terres aux colons. La création de cette compagnie a produit un changement important dans la politique des concessions de terres. Maintenant, des compagnies privées, et non plus le gouvernement, administreraient les terres dans le Haut-Canada.
La compagnie s’attira toutefois la colère des réformistes. Ils estimaient que la compagnie :
Cette situation contribua à mousser le sentiment anti-gouvernemental dans les masses, ce qui a conduit à la rébellion de 1837 dans le Haut-Canada.
Les problèmes de la Canada Company se sont finalement atténués au début des années 1840. Des changements au niveau de la direction et de l’administration ont eu lieu afin que les affaires se déroulent de manière plus souple et juste.
La compagnie fonctionna ainsi, plus ou moins, jusqu’en 1951, alors qu’elle annonça qu’elle vendrait toutes ses terres et cesserait ses activités. Elle ferma finalement ses portes en 1953.
| Des compagnies foncières moins connues ont été créées dans d’autres colonies. Mentionnons entre autres la British American Land Company dans le Bas-Canada en 1825 et la New Brunswick Land Company en 1831. |
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| Pour en savoir plus sur la Canada Company et les réserves du clergé ou de la Couronne, veuillez visiter L’Encyclopédie canadienne en ligne. |
Autres documents importants ou intéressants
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