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Après l’établissement des premières colonies françaises en Acadie et en Nouvelle-France au cours des années 1600 et au début des années 1700, une seconde grande vague d’immigration commença dans les années 1770. C’étaient des sujets britanniques originaires des treize colonies, mais qui étaient plus fidèles à la Couronne britannique dès le début de la Révolution américaine que les patriotes qui remporteraient la victoire. Ces nouveaux colons, appelés loyalistes, sont considérés comme les premiers réfugiés
politiques du Canada.
Bien que la majorité d’entre eux étaient des colons blancs de langue anglaise qui avaient tendance à s’établir en Nouvelle-Écosse et dans ce qui deviendrait le Haut-Canada, quelques immigrants noirs ont aussi émigré dans les Maritimes. C’est sans parler des autochtones qui avaient reçu des terres dans le Haut-Canada car ils sont restés fidèles aux Britanniques durant la Révolution américaine.
Sujets abordés dans cette section :
Aperçu des loyalistes
Les loyalistes des Maritimes
Les propriétaires absentéistes
Les loyalistes noirs
Les loyalistes autochtones
« Les premiers loyalistes » ou les loyalistes de l’Empire-Uni
« Les derniers loyalistes » ou les « loyalistes de Simcoe »
Les journaux intimes de lady Elizabeth Simcoe
Autres documents importants ou intéressants
Aperçu des loyalistes
Avec l’avènement de la Révolution américaine dans les treize colonies en 1775, beaucoup de sujets demeurés loyaux à la cause des Britanniques au sud de la frontière québécoise faisaient face à un dilemme. S’ils voulaient rester dans les treize colonies et demeurer fidèles aux Britanniques, ils risquaient la persécution et devraient possiblement affronter le danger aux mains des patriotes qui souhaitaient la création d’un État indépendant et libre de l’influence britannique.
Comme il devenait de plus en plus évident que ces patriotes rebelles allaient gagner la Révolution – ce qui arriva en 1781 – ces loyalistes ont commencé à s’enfuir vers :
Les loyalistes des Maritimes

Nouveau-Brunswick, 1784
Immédiatement après la Révolution américaine, la Nouvelle-Écosse reçu le premier choc de l’immigration loyaliste. Alors que la colonie ne comptait qu’environ 20,000 colons au début de 1783, elle vit soudainement sa population plus que doubler au cours de l’année avec l’arrivée des immigrants loyalistes.
En général, ces loyalistes étaient issus de l’aristocratie ou des classes supérieures. Ils se sont sans doute établis dans la région afin de se rapprocher de leurs contemporains et de leurs familles en Grande-Bretagne. Durant la seule année de 1783, quelques 14,000 d’entre eux se sont installés dans la baie de Fundy et dans la région de la rivière Saint-Jean.
Le nombre des colons y était si élevé que le gouvernement britannique décida de créer la colonie du Nouveau-Brunswick en 1784. La Nouvelle-Écosse et l’île du Cap-Breton furent aussi divisées en deux colonies distinctes au cours de cette même année. L’île du Cap-Breton fut réunifiée avec la Nouvelle-Écosse en 1820.
| Pour en savoir plus sur ce sujet, veuillez visiter le site Web bilingue Immigrant Voices. |
Les propriétaires absentéistes
Les autorités britanniques de l’Île-du-Prince-Édouard et de la Nouvelle-Écosse ont dû faire face à un problème particulier avec l’affluence soudaine des loyalistes dans les Maritimes.
Durant les années 1760, le gouvernement britannique avait accordé des terres dans ces deux colonies à des soldats, messagers, hommes politiques et autres amis. En retour, ces nouveaux propriétaires fonciers devaient promettre de coloniser des terres en y établissant des fermiers, de la même manière que le système seigneurial en Nouvelle-France.
Toutefois, la plupart des propriétaires fonciers furent lents à implanter ce système et une grande partie de ces terres sont demeurées vacantes jusque dans les années 1770. De plus, une fois qu’un titre de propriété foncière était accordé, le gouvernement britannique pouvait difficilement imposer des règles quant à l’usage de cette terre.
La question était particulièrement épineuse dans l’Île-du-Prince-Édouard (I.-P.-É.) où ces propriétaires fonciers avaient réussi à tromper plusieurs centaines de loyalistes en les encourageant à s’y établir. Ces colons étaient généralement d’origine écossaise ou irlandaise.
Les propriétaires fonciers de l’île avaient promis aux colons des lots de terre pour la colonisation, pourvu qu’ils défrichent la terre, puis qu’ils y construisent des routes et des bâtiments. Mais ces propriétaires n’ont jamais eu l’intention de respecter leurs promesses. Leur seul but était de voir les colons effectuer gratuitement tous les grands travaux pour eux.
Ce problème ne fut pas résolu avant 1873, l’année où l’Île-du-Prince-Édouard se joignit à la Confédération.
À ce moment, la nouvelle province a suivi les recommandations de la Commission des terres de 1860 et a décrété la Loi d’indemnisation des tenanciers, 1872. Cette loi a permis qu’une indemnisation soit accordée à quiconque pouvait prouver que leurs ancêtres loyalistes avaient été trompés par les propriétaires absentéistes.
| Thomas Selkirk, le lord Selkirk, est sans doute mieux connu pour avoir fondé, en 1811, la colonie de la Rivière-Rouge dans ce qui est maintenant le Manitoba. Mais, en 1802, il avait aussi établi une colonie écossaise plus ancienne sur l’Île-du-Prince-Édouard. Elle comptait environ 800 colons. |
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Par contre, les propriétaires absentéistes de la Nouvelle-Écosse et de l’île du Cap-Breton ne se sont tout simplement pas souciés d’établir de nouveaux colons sur leurs terres. Cette situation mena à une pénurie de terres au début des années 1780 en raison de l’affluence massive des loyalistes arrivant dans la région. Mais, contrairement à la situation dans l’Île-du-Prince-Édouard, le gouvernement britannique a pu reprendre immédiatement quelques-unes de ces terres : environ 2,5 millions d’acres sur près de 5,5 millions d’acres au total.
En 1783, la Grande-Bretagne avait promis d’accorder :
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cent acres de terres gratuitement à chaque chef de famille loyaliste;
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50 acres supplémentaires de terres gratuitement pour chaque membre additionnel d’une famille;
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encore plus de terres à ceux qui possédaient un rang militaire.
Le gouvernement britannique a aussi fourni des provisions gratuites de nourriture durant plusieurs années à ces colons de la Nouvelle-Écosse. De plus, ils reçurent des outils et des matériaux de construction gratuits afin de les aider à défricher et à développer leurs terres.
Les loyalistes noirs

Copyright/Source
Durant les années 1870, il y a eu aussi une immigration loyaliste assez considérable de quelque 3,000 Noirs en Amérique du Nord britannique. La plupart se sont installés en Nouvelle-Écosse.
La Couronne britannique avait promis de donner la liberté, l’égalité et une terre pour s’établir dans les colonies britanniques à tout esclave affranchi en Amérique qui s’est battu contre les patriotes durant la Révolution américaine.
Mais lorsque ces Noirs sont arrivés des États-Unis nouvellement créés, ils reçurent :
Thomas Peters, un colon loyaliste noir, reçu la permission de se rendre en Grande-Bretagne afin de plaider la cause des immigrants noirs en Nouvelle-Écosse. Alors que la Grande-Bretagne fut lente à réagir à ses plaintes, il a s’est retrouvé avec la Compagnie de Sierra Leone, une entreprise prête à accorder aux Noirs des terres gratuites en Afrique.
En fin de compte, beaucoup de colons noirs quitteraient la Nouvelle-Écosse au cours des années 1790 pour entreprendre une nouvelle vie outre-mer, dans la nouvelle colonie de Freetown, en Sierra Leone. Mais quelques-uns décidèrent de demeurer en Nouvelle-Écosse pour y vivre.
Entre 1790 et les années 1830, la Grande-Bretagne fit quelques pas lents pour proscrire l’esclavage dans ses colonies. (L’esclavage fut finalement aboli dans toutes les colonies britanniques en 1833.)
Cela ne veut pas dire que les préjugés et le racisme étaient disparus en Amérique du Nord britannique. L’Amérique du Nord britannique est toutefois devenue un endroit plus tolérant et offrait plus de liberté aux Noirs qui choisissaient de venir s’y établir et y vivre plutôt qu’aux États-Unis, puisque l’Amérique n’a aboli l’esclavage qu’en 1865.
Éventuellement, entre le début et le milieu du XIXe siècle, cette liberté allait attirer d’autres esclaves fugitifs vers le Haut-Canada, à l’époque du chemin de fer clandestin.
Les loyalistes autochtones
Des Iroquois qui sont demeurés fidèles à l’armée britannique et ont combattu à leurs côtés durant la Révolution américaine ont reçu gratuitement, en 1784, des terres dans ce qui deviendrait bientôt le Haut-Canada. Mais ces autochtones furent écartés du traité de Paris, 1783 qui ignora les promesses antérieures concernant les terres autochtones.
Les « premiers loyalistes » ou les loyalistes de l’Empire-Uni
Avant 1783, quelques 10,000 loyalistes sont arrivés des États-Unis pour se réfugier au Québec. Ils s’attendaient d’y trouver des institutions familières : le droit anglais, des églises protestantes et des terres en franche tenure. Au lieu de cela, ils ont trouvé des églises catholiques et des institutions politiques de langue française qui leur étaient inconnues.
Les autorités britanniques résolurent ce problème de deux façons :
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en envoyant la plupart de ces loyalistes dans les milieux ruraux situés plus à l’ouest de la province, région qui deviendrait éventuellement le Haut-Canada en 1791;
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en créant des nouvelles lois et des institutions gouvernementales parallèles à celles des Français pour le profit des loyalistes qui sont restés.
Le 9 novembre 1789, le gouverneur de Québec, Lord Dorchester, a émis un arrêté en conseil pour reconnaître les loyalistes de façon particulière en les distinguant officiellement des autres colons ayant immigrés dans la colonie après 1783. Il leur permit d’ajouter les initiales « U.E. » après leurs noms afin qu’ils soient reconnus pour avoir adhéré à l’ « unité de l’Empire ».
Ces colons comptaient parmi ceux appelés les loyalistes de l’Empire-Uni quoique, depuis lors, tous ceux qui se sont installés dans les Maritimes avant la création de l’Amérique en 1783 sont aussi considérés comme tels.
En conséquence de l’arrêté en conseil de Lord Dorchester, les fils et les filles de colons loyalistes adultes étaient aussi en droit de recevoir 200 acres de terres gratuites en atteignant l’âge de 21 ans. (Les filles pouvaient réclamer cette terre plus tôt encore si elles se mariaient avant l’âge de 21 ans.)
Les « derniers loyalistes » ou les « loyalistes de Simcoe »
En 1791, John Graves Simcoe est devenu le premier lieutenant-gouverneur du Haut-Canada. Après avoir obtenu des terres des autochtones, il entreprit une campagne agressive visant à attirer :
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d’anciens officiers de l’armée résidant dans les Maritimes qui étaient demeurés fidèles à la Grande-Bretagne;
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des Américains vivant dans ce qui sont aujourd’hui les États-Unis, surtout ceux de New York et de Pennsylvanie.
Il a attiré des colons américains en leur offrant des terres à bon marché et d’autres produits de subsistance, tels que de la nourriture, des vêtements, des outils de construction et du grain.
Simcoe étendit son invitation à ceux qui étaient restés neutres et qui n’avaient pas pris les armes contres les Britanniques durant la Révolution américaine. Il visaient en particulier ceux qui :
Plusieurs historiens croient toutefois que la plupart des ces immigrants américains sont demeurés à un certain point sympathiques aux idéologies républicaines des États-Unis bien après leur arrivée, et qu’ils sont venus, non pas parce qu’ils ont fait preuve de loyauté envers la Grande-Bretagne, mais plutôt pour satisfaire leurs propres intérêts. Il est maintenant admis qu’ils ne doivent pas nécessairement êtres reconnus comme étant de vrais « loyalistes ».
Par exemple, les membres des plusieurs sectes religieuses pacifistes, comme les quakers et les mennonites, ont quitté l’Amérique pour le Haut-Canada au cours de cette période lorsque Simcoe leur a offert, à l’avenir, une dispense du service militaire. Alors que nous pouvons admirer les convictions morales et religieuses de ces colons qui s’opposent à la guerre, il peut être argumenté qu’ils sont venus dans le Haut-Canada dans le seul but d’échapper au service militaire obligatoire, et non pas parce qu’ils s’étaient montrés loyaux envers les intérêts britanniques.
Néanmoins, les Américains de diverses origines ethniques ont continué à venir jusqu’au début de la guerre de 1812. C’est sans parler du fait que des immigrants américains, ceux qui avaient été désignés comme des loyalistes de l’Empire-Uni par Lord Dorchester en 1789 (voir « Les premiers Loyales » plus haut), avaient déjà migré dans la région. Il y avait des loyalistes de l’Empire-Uni qui vivaient dans le « Haut-Canada » dès 1781 (toute une décennie avant la création de la province) autour de la péninsule du Niagara.
Tous ces colons américains résidaient, en général, sur la rive nord des lacs Érié et Ontario ou dans les plus hautes parties de la vallée du Saint-Laurent, bien au sud-ouest de la région de Montréal.
La population du Haut-Canada était passée de 12,000 en 1791 à 50,000 en 1800. Avant 1815, la population atteindrait 95,000. Environ 80 pour cent des gens vivant dans la colonie à cette époque étaient nés en Amérique.
| Alors que beaucoup d’attention est accordée aux loyalistes de l’Empire-Uni du Haut-Canada, un nombre peu élevé mais significatif d’immigrants dans la région, environ 10 pour cent, étaient en fait des Allemands. |
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Les journaux intimes de lady Elizabeth Simcoe

Droit d'auteur/Source
Lady Elizabeth Simcoe, l’épouse du premier lieutenant-gouverneur du Haut-Canada, John Graves Simcoe, consigna dans ses journaux intimes des esquisses de sa vie dans le Haut-Canada à la fin des années 1700. Ces journaux demeurent parmi les premiers exemples de descriptions de l’histoire pionnière dans ce qui est aujourd’hui l’Ontario.
| Pour en savoir plus sur ce sujet, veuillez visiter le site Web bilingue Immigrant Voices. |
Autres documents importants ou intéressants
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