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Avec la construction de bateaux à vapeur plus luxueux, les gens pouvaient maintenant voyager par mer en plus grand nombre et plus vite que jamais auparavant. Bien que cela n’ait pas entraîné une affluence de colons au Canada dans l’immédiat, des mesures ont été prises par le gouvernement fédéral afin de s’assurer qu’il y aurait suffisamment de terres disponibles pour la colonisation lorsque les immigrants commenceraient à se diriger vers les Prairies. Les traités numérotés ont enlevé des terres aux autochtones de la région, puis la Loi des terres du Dominion subdivisa ces nouvelles terres pour la colonisation. La Police montée du Nord-Ouest
serait également créée pour contribuer au maintien de la loi et de l’ordre dans la région, pendant que les terres restées à l’état sauvage régresseraient au profit des nouvelles communautés.
Le Canada commença à voir de nouveaux colons issus de groupes religieux, comme les mennonites entre autres, dont la vie était basée sur l’agriculture. D’autres groupes ethniques originaires de l’Europe centrale et de l’est commenceraient à immigrer au Canada en plus grand nombre, ainsi que de nouvelles classes de serviteurs domestiques : les femmes servantes et les petits immigrés anglais ou home children.
Sujets abordés dans cette section :
La Loi de l’immigration, 1869
Le Manitoba, 1870
Les traités numérotés, 1871 - 1921
La Loi des terres du Dominion, 1872
La Police montée du Nord-Ouest, 1873
Les nouveaux immigrants
Les femmes domestiques
Les Home Children, 1870 - 1939
Autres documents importants ou intéressants
La Loi de l’immigration, 1869
La première loi de l’immigration traitait principalement de la prévention des maladies et de leur propagation au Canada et des moyens à prendre pour assurer la sécurité des passagers à bords des bateaux transportant les immigrants. Les dispositions comprenaient la mise en place de limites quant au nombre de passagers sur les navires non-cargo, et la confection de listes de passagers à être présentées aux officiers de quarantaine avant leur embarquement au port.
Les règles concernant la mise en quarantaine des passagers furent introduites en 1872 dans une Loi sur la quarantaine distincte. Elle obligeait tous les vaisseaux transportant des passagers souffrant de malaises physiques ou des passagers décédés à bord de se rapporter à Grosse-Île, près de Québec. (Grosse-Île était toutefois déjà une station de quarantaine avant le passage de la loi.)
| L’immigration relevait du département de l’Agriculture depuis la Confédération en 1867 jusqu’en mars 1892, lorsque le département de l’Intérieur fut créé. Ce département exista jusqu’en octobre 1918, quant il fusionna avec le ministère du Travail. |
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Durant les années 1870, il y a eu soudainement une forte demande pour des femmes domestiques qui a perduré jusqu’au début du XXe siècle. La raison en était que les femmes qui vivaient déjà au Canada préféraient gagner plus cher en travaillant dans les usines que d’accepter les salaires minables, les longues heures et le statu peu élevé liés au service domestique.
Pour répondre à la demande pour des domestiques, des agences de recrutement canadiennes privées furent créées pour aider le gouvernement fédéral et des groupes britanniques à amener des femmes au Canada.
Il est intéressant de constater que des mesures durent être prises dans l’Acte concernant l’immigration pour prévenir que les femmes ne soient abusées sexuellement au cours de leur passage au Canada. La « séduction » et les rapports sexuels entre le capitaine ou un membre d’équipage d’un bateau passager et les femmes étaient proscrits par l’Acte concernant l’immigration tant et aussi longtemps que le vaisseau se trouvait dans les eaux canadiennes et que la femme passagère demeurait à son bord.
| Vous pouvez consulter une version plus développée de cette section sur l’immigration dans la rubrique Les lois de l’immigration de la section Événements et sujets spécifiques. |
Le Manitoba, 1870
La province du Manitoba fut créée en 1870 après des négociations avec les Métis qui sont majoritairement francophones. Ils se sont rebellés au sujet de la vente des terres par la Compagnie de la Baie d’Hudson au gouvernement fédéral. Cette province fut créée afin que les Métis puissent disposer d’un certain contrôle dans les affaires gouvernementales. Une quantité importante de terres furent également cédées aux Métis.
Les traités numérotés, 1871 - 1921
Les traités numérotés, désignés aussi sous le nom de traités de cessions de terres ou de la Post-Confédération, furent signés entre 1871 et 1921, et concédaient au gouvernement fédéral de vastes étendues de terres à travers les Prairies, le Nord canadien et le nord-ouest de l’Ontario pour la colonisation blanche et l’industrie. En échange de ces terres, le Canada promettait de donner aux peuples autochtones divers articles comme de l’argent comptant, des couvertures, des outils, des provisions agricoles, et ainsi de suite.
La Loi des terres du Dominion, 1872
Le gouvernement fédéral adopta la Loi des terres du Dominion pour définir l’utilisation de toutes les terres achetées à la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH). Cela comportait un intérêt particulier dans le Canada-Ouest, où la plupart des colons s’établiraient sur les terres appartenant autrefois à la CBH.
Cette loi divisait des parcelles de terres en townships, puis ces derniers étaient subdivisés de nouveau en 36 sections portant chacune un numéro. Les règles suivantes s’appliquaient aux sections :
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Les sections 11 et 29 devaient être réservées pour des écoles.
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Une autre section et trois-quarts revenait à la CBH.
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Les autres sections portant des chiffres impairs étaient réservées à la vente ou aux chemins de fer, surtout après 1881
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Les autres sections portant des chiffres pairs devaient servir à des concessions agricoles.
Le gouvernement fixa le prix des terres à des niveaux aussi bas que 1 $ l’acre. Toutefois, certains colons pouvaient se qualifier pour une cession « gratuite » d’un quart de section (160 acres ou 65 hectares) en payant 10 $ pour les frais d’enregistrement. Ils devaient aussi avoir au moins 21 ans et être le seul soutien de leur famille. Cette dernière restriction touchait profondément les femmes, les empêchant souvent d’acquérir des terres.
Le contrat de cession d’une terre passait librement du gouvernement au colon s’il acceptait certaines conditions, telles que :
Si le colon ne respectait pas ces conditions, le gouvernement fédéral pouvait lui retirer sa terre. Ces conditions étaient modifiées au besoin par des révisions de la loi.
À partir de 1874, les colons furent encouragés à acheter au gouvernement des terres adjacentes aux leurs pour aussi peu que 1 $ l’acre. Cela permettrait aux colons d’agrandir leurs fermes avant que d’autres n’achètent toutes les terres avoisinantes.
Cette pratique mena toutefois à la spéculation des terres. Certains fermiers hypothéquèrent leurs maisons et leurs fermes afin de pouvoir acquérir des nouvelles terres, dans l’espoir que la valeur de celles-ci connaîtrait une hausse. Si tel était le cas, ces fermiers pourraient éventuellement vendre leurs terres et en tirer d’immenses profits.
Mais, plus souvent que pas, la valeur des terres augmenta très peu, et beaucoup de colons, incapables d’effectuer les paiements hypothécaires, perdirent leurs fermes. Le gouvernement fédéral en vint donc à discontinuer cette pratique.
Cette loi prévoyait aussi la mise de côté de terres pour les réserves indiennes et pour les Métis sous le système des scrips.
La Police montée du Nord-Ouest, 1873

Droit d'auteur/Source
La Police montée du Nord-Ouest (PMNO) était une force policière du Parlement créée en 1873, dans le but de :
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maintenir la loi et l’ordre parmi les nouveaux colons établis dans la région à l’ouest de l’Ontario;
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aider les autochtones dans leur transition vers les réserves indiennes;
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agir en tant que symbole de la souveraineté canadienne contre l’annexion américaine.
La force policières fut créée en partie pour contrer les invasions des Féniens qui, en 1871, ont failli réussir à s’introduire au Manitoba . En 1885, la PMNO joua un rôle très important en contribuant à étouffer la rébellion du Nord-Ouest.
Les nouveaux immigrants
Entre la Confédération et 1896, le nombre d’immigrants qui vinrent au Canada fut, en fait, relativement peu élevé. Certaines raisons peuvent expliquer cette situation :
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le manque d’organisation et les informations erronées diffusées lors des campagnes publicitaires;
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les limites fixées dans certains pays étrangers, comme la France et l’Allemagne, sur la promotion de l’émigration;
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la compétition avec les États-Unis et d’autres pays pour attirer les immigrants;
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la dépression économique qui a frappé le Canada durant les années 1870 et 1880.
| Les agents de réservations américains plaçaient souvent les immigrants européens à bord des bateaux à destination du Canada, mais les détournaient par des ports américains, afin de les inciter à s’établir plutôt aux États-Unis. |
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Le gouvernement aurait préféré recevoir plus d’immigrants en provenance de pays comme la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et les États-Unis. Mais le gouvernement canadien connaissait un certain succès dans l’accueil des groupes religieux qui avaient tendance à s’installer dans des communautés agricoles. Parmi ces groupes, il y avait :
D’autres immigrants arrivés au Canada durant cette période comprenaient des groupe de :
Au même moment, le gouvernement canadien tentait aussi d’empêcher les immigrants asiatiques de s’introduire au pays en plaçant sur eux, en 1885, une taxe d’entrée. De tels d’immigrants, jugeait-on, auraient de la difficulté à bien s’adapter et enlèveraient des emplois aux Canadiens de race blanche.
À cette époque, plusieurs immigrants n’étaient que de passage et avaient tendance à ne rester que pour des périodes de courte durée. Quelques-uns sont venus au Canada pour trouver un emploi temporaire, alors que d’autres quittèrent le Canada pour trouver de meilleures occasions d’emplois aux États-Unis.
Les femmes domestiques

Droit d'auteur/Source
Durant les années 1870, il y a eu soudainement une forte demande pour des femmes domestiques qui a perduré jusqu’au début du XXe siècle. La raison en était que les femmes qui vivaient déjà au Canada préféraient gagner plus cher en travaillant dans les usines que d’accepter les salaires minables, les longues heures et le statu peu élevé liés au service domestique.
Pour répondre à la demande pour des domestiques, des agences de recrutement canadiennes privées furent créées pour aider le gouvernement fédéral et des groupes britanniques à amener des femmes au Canada.
Il est intéressant de constater que des mesures durent être prises dans l’Acte concernant l’immigration pour prévenir que les femmes ne soient abusées sexuellement au cours de leur passage au Canada. La « séduction » et les rapports sexuels entre le capitaine ou un membre d’équipage d’un bateau passager et les femmes étaient proscrits par l’Acte concernant l’immigration tant et aussi longtemps que le vaisseau se trouvait dans les eaux canadiennes et que la femme passagère demeurait à son bord.
Les femmes exigeaient aussi que des matrones les accompagnent en tout temps durant leur voyage afin d’assurer leur sécurité. Des représentants du gouvernement rencontraient souvent ces domestiques et voyaient à ce qu’elles trouvent des emplois respectables.
En 1887, le gouvernement fédéral a même nommé une surintendante de l’immigration des femmes chargée de surveiller le placement des femmes célibataires au Canada. De nouvelles organisations, telles que la Women's National Immigration Society, ont également établi des bureaux à Québec et à Montréal afin de venir en aide à ces femmes.
| En 1882, le journal Toronto Globe a rapporté que les femmes célibataires émigrant de la Grande-Bretagne vers Montréal s’étaient faites attirées dans les réseaux de prostitution. Cette nouvelle incita le gouvernement canadien à mener une enquête spéciale qui entendit les témoignages de personnages très en vue, comme le directeur général du chemin de fer du Grand Tronc. En fin de compte, l’enquête révéla que cette histoire était fausse. |
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| Pour en savoir plus les immigrantes célibataires, veuillez visiter le site Immigrant Voices en ligne. (Bilingue) |
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Domestic Servants (Dans « Women of Canada », publié en 1900 par le Conseil national des femmes du Canada.) |
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Domestic Service (Extrait de « Woman, her character, her culture, her calling », 1890.) |
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Les Home Children, 1870 - 1939

Droit d'auteur/Source
Vers 1870, des agences privées ont commencé à parrainer des enfants britanniques, généralement âgés de six à quinze ans, en les envoyant vivre et travailler au Canada. Ces enfants étaient désignés sous le nom de home children. La majorité de ces enfants provenaient des Homes du Dr Barnardo.
Ces orphelins indigents étaient envoyés comme ouvriers agricoles ou comme domestiques au Canada et en Australie. Ils étaient transportés en bateau par la Grande-Bretagne vers des foyers d’accueil dans les provinces atlantiques du Canada et en Ontario, où ils demeuraient jusqu’à ce qu’un parrain soit prêt à les accueillir. Les enfants étaient alors transportés en train pour aller vivre dans des familles de fermiers, le plus souvent sur les Prairies.
Cela servait à au moins trois choses :
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Le gouvernement britannique se voyait débarrassé de la responsabilité de défrayer les coûts liés aux soins à donner à des milliers d’enfants pauvres.
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Les enfants délinquants, qui étaient considérés comme une menace contre la sécurité publique, étaient retirés des rues de Londres avec sécurité.
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La relocalisation procurerait à ses enfants des conseils spirituels et une bonne éducation dans un environnement relativement plus sain.
Malheureusement, le système des home children comptait un certain nombre de problèmes :
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Les enfants étaient souvent traités au Canada comme des serviteurs sous contrat et travaillaient durant de longues heures.
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Ils étaient souvent abusés physiquement et émotionnellement (surtout les garçons).
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Selon certains rapports, des agents de placement trop zélés enlevaient des enfants qui n’étaient pas orphelins directement dans les rues des quartiers pauvres des villes britanniques.
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Quelques-uns de ces enfants arrivaient au Canada avec des maladies sérieuses « cachées », telles que la syphilis (une maladie transmise sexuellement).
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Quelques-uns de ces enfants éprouvaient des problèmes de comportement qui plaçaient un fardeau sur les systèmes d’aide social et juridique du Canada.
Avant 1897, l’Ontario allait adopter des lois pour s’assurer que les maisons d’hébergement et les agents soient pourvus de licences appropriées, et que les enfants fassent l’objet d’inspections régulières. Le but de ces lois était de prévenir quelques-uns des abus endurés par ces enfants. Des lois semblables furent adoptées au Manitoba, au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.
Malheureusement, certains historiens croient que personne ne fut engagé par ces gouvernements provinciaux pour assurer l’application de ces lois. L’Ontario raya même cette législation de ses livres avant la fin des années 1920, ce qui démontre peut-être le peu de sérieux qu’accordait le gouvernement provincial à ces lois.
Le mouvement des home children n’a pas pris fin avant la Grande dépression des années 1930, lorsque près du tiers de la main d’œuvre du pays cherchait du travail et que les fermes situées sur les Prairies commençaient à connaître des problèmes. Cependant, la législation du fédéral concernant l’immigration fut légèrement modifiée en 1925 : les enfants immigrés devaient maintenant avoir au moins 14 ans avant de pouvoir être engagés, à moins d’être accompagnés d’un parent.
| Entre 1870 et 1897, environ 40,000 enfants britanniques ont immigré au Canada pour y travailler. Le nombre même des enfants arrivant au Canada a sans doute inspiré Lucy Maud Montgomery, une écrivaine de l’Île-du-Prince-Édouard, à faire de l’état critique de ces enfants orphelins le sujet d’intrigue de son roman de 1908, Anne aux pignons verts, qui demeure encore aujourd’hui le roman le plus vendu de tous les temps dans l’histoire canadienne. |
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Autres documents importants ou intéressants
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