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Dessin : Lord Durham - NAC/ANC C-121846
Droit d'auteur/Source

1839 à 1849 : Union et gouvernement responsable

Cette section traite de la période suivant les rébellions de 1837 et de 1838. Au cours de la décennie qui a suivi, on s'est rapproché progressivement du gouvernement responsable, qui est enfin devenu une réalité en 1848.

Sujets abordés dans cette section :

Le rapport Durham
La réaction : Grande-Bretagne
La réaction : Bas-Canada
La réaction : Haut-Canada
La voie de l'avenir : les instructions de Sydenham
L'Acte d'Union de 1840
Régression
Lord Elgin amène un nouvel espoir
L'émergence du gouvernement de cabinet
Le gouvernement de cabinet responsable mis à l'épreuve :
Lord Elgin adopte le Bill des pertes de la rébellion

L'évolution du gouvernement de cabinet
Autres documents intéressants ou importants

Le rapport Durham
Le rapport Durham a suscité la controverse dans tous les milieux et a confirmé la réputation de radical de Durham. Le rapport penchait fortement en faveur de la population anglaise des Canadas et formulait un certain nombre de recommandations. En voici l'essentiel :

  • L'union du Haut-Canada et du Bas-Canada.

  • Le gouvernement responsable, dominé par les habitants anglais des Canadas.

  • Le contrôle par la colonie des affaires intérieures (mais dans un sens très limité).

  • L'assimilation de la population francophone.

Le rapport formulait également des recommandations sur diverses questions comme le peuplement et la concession des terres.

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Rapport de Lord Durham, haut-commissaire de Sa Majesté, etc., etc., sur les affaires de l'Amérique septentrionale britannique

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La réaction : Grande-Bretagne
Le secrétaire de la guerre et des colonies, Lord John Russell, n'était pas prêt à accepter la proposition de gouvernement responsable. Il était d'avis que cela revenait à céder aux intérêts de rebelles violents et que le conseil colonial ne devrait pas être en position de conseiller la Couronne.

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Lord John Russell to Right Hon. C. Poullet Thomson, 14th Oct., 1839
(Russell résiste à l'octroi du gouvernement responsable.)

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Aquarelle : Chambre d'assemblée, côté nord, Québec, 1842 - NAC/ANC C-000823
Droit d'auteur/Source

La réaction : Bas-Canada
Beaucoup de Canadiens français ont été outragés par la recommandation de les assimiler et par l'insinuation qu'ils n'avaient pas de culture ou d'histoire. D'autres s'opposaient à la réticence de Russell à leur accorder le gouvernement responsable.

En général, toutefois, la population du Bas-Canada était devenue apathique après l'échec des rébellions. Le support du statu quo par le clergé a également eu un effet.

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Right Hon. John C. Poulett Thompson to Lord John Russell, 31st October., 1839
(Description de l'état d'esprit des gens du Bas-Canada après la rébellion.)

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Peinture : Arrivée de Lord Sydenham, gouverneur général. Ouverture du Parlement de l'Union, Kingston, 1841 - NAC/ANC C-013945
Droit d'auteur/Source

La réaction : Haut- Canada
Dans le Haut-Canada, les réformateurs étaient enthousiasmés que le rapport exige le gouvernement responsable. La classe dirigeante conservatrice était moins impressionnée, bien qu'elle appuyait l'union.


La voie de l'avenir : les instructions de Sydenham

En prévision de l'Acte d'Union, le gouvernement britannique a cherché à s'assurer que le nouveau gouverneur général, le baron Sydenham, agirait en fonction des principes recommandés par Durham. Russell a ordonné à Sydenham de tenter d'obtenir l'accord des deux provinces à l'union.

Ses pouvoirs de gouverneur sont restés très semblables à ce qu'ils étaient avant les rébellions, mais on l'a prévenu d'agir à l'encontre de l'Assemblée législative seulement après " les plus sérieuses délibérations ".

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Instructions to Sydenham, 7th September, 1839

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Lettres patentes accordant l'assentiment royal à l'Acte d'Union, 1840 - NAC/ANC C-021799
Droit d'auteur/Source

L'Acte d'Union de 1840
Les deux Canadas ont été réunis en 1840. Les modalités étaient décidément injustes pour le Bas-Canada : il devait aider à rembourser la dette de 1,2 millions £ (il avait une dette très faible) et on le restreignait à cinquante pour cent des sièges au sein de la nouvelle Assemblée même si sa population était beaucoup plus importante.

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L'Act d'Union de 1840

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British North America, 1840
British North America, 1840

Régression
Sydenham a fait de son mieux pour agir conformément à l'esprit de ses instructions. Il est devenu son propre premier ministre et a formé un cabinet avec des hommes compétents. Cela a bien fonctionné pendant les années fragiles qui ont suivi les rébellions.

Après Sydenham, Sir Charles Bagot a essayé d'aller plus loin. Le gouverneur suivant, Sir Charles Metcalfe, a toutefois annulé ses efforts. Metcalfe n'acceptait pas que le gouvernement responsable fût possible au Canada et des conflits ont éclaté à nouveau.

S'ajoutait à cela la réticence de Russel en Grande-Bretagne, qui croyait impossible qu'un gouverneur soit à la fois responsable devant son suzerain et devant une législature locale.

Daguerréotype : Le comte et la comtesse d'Elgin, Lady Alice Lambton et Lord Mark Kerr - NAC/ANC C-088507
Droit d'auteur/Source

Lord Elgin amène un nouvel espoir
Lord Elgin a remplacé Metcalfe après qu'un changement au gouvernement britannique amène au pouvoir un gouvernement davantage en faveur des réformes. Earl Grey, le nouveau secrétaire d'État pour la guerre et les colonies, a clairement indiqué que la Grande-Bretagne n'avait aucun intérêt à exercer plus d'influence dans les colonies que ce qui était nécessaire pour empêcher les colonies de se nuire entre elles ou de nuire à l'empire dans son ensemble.

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Earl Grey to Lieut.-Governor Sir John Harvey, November 3, 1846
(Indique clairement qu'Earl Grey appuie le gouvernement responsable.)

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L'émergence du gouvernement de cabinet
La Nouvelle-Écosse a été la première à profiter de cette nouvelle politique. En 1847, le gouvernement a été vaincu et un nouveau gouvernement dirigé par Joseph Howe a été formé en février 1848. Au Canada, les réformateurs Robert Baldwin et Louis LaFontaine ont formé un nouveau Conseil en mars 1848.

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Elgin to Earl Grey, July 13, 1847
(Elgin fait part de sa vision des pouvoirs du gouverneur dans un gouvernement de cabinet responsable.)

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Act repealing the requirement that government documentation be in English, 1848

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Aquarelle : L'incendie des édifices du Parlement, Montréal, en 1849 - NAC/ANC C- 073717
Droit d'auteur/Source

Le gouvernement de cabinet responsable mis à l'épreuve :
Lord Elgin adopte le Projet de loi des pertes de la rébellion

La première véritable épreuve du nouveau système s'est présentée en 1849. Le Projet de loi sur les pertes de la rébellion visait à indemniser les personnes de ce qui avait été le Bas-Canada pour les dommages découlant des rébellions. Il suscitait la controverse parce que les Tories objectaient que beaucoup des demandeurs étaient d'anciens rebelles. Ce projet de loi a été bien reçu par les Canadiens français mais les éléments britanniques s'y sont opposés si farouchement qu'ils ont attaqué Elgin et incendié l'édifice du Parlement à Montréal.

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Rebellion Losses Bill, 1849

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Elgin to Earl Grey, April 30, 1849
(Elgin décrit les différences d'opinion sur le Projet de loi sur les pertes de la rébellion de même que la violence qui a suivi son adoption.)

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Le gouvernement responsable a de nouveau surmonté une épreuve en 1859 lorsqu'un droit protectionniste proposé par la législature du Canada a menacé des intérêts commerciaux britanniques. Le droit a fini par devenir une réalité.

L'évolution du gouvernement de cabinet
Durham escomptait que l'Acte d'Union de 1840 affaiblisse le pouvoir des partis canadiens-français. Il a eu l'effet opposé : aucun gouvernement ne pouvait être formé sans l'appui d'un des partis canadiens-français.

Par conséquent, il a fallu peu de temps pour que l'on révoque le caractère unilingue anglais de l'Assemblée et pour instaurer un système de co-premiers ministres. Puisque les alliances étaient parfois improbables et que des problèmes les brisaient souvent, les gouvernements ne duraient pas longtemps. En fin de compte, cela a commencé à ébranler la confiance des gens en l'union des provinces.

Lithographie : Entrée de Toronto, 1840 - NAC/ANC C-001023
Droit d'auteur/Source


Le saviez-vous?

Louis-Hippolyte LaFontaine a insisté pour parler français à l'Assemblée de la province du Canada, malgré que la langue officielle soit exclusivement l'anglais. En fin de compte, le gouvernement a cédé et a changé l'Acte d'Union de façon à autoriser l'utilisation du français à l'Assemblée.

Autres documents intéressants ou importants

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