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Deux événements importants survenus
en 1876 ont eu un impact sur l'histoire des autochtones
au Canada. Le premier fut le traité
numéro 6, qui fut sans doute le plus important et le plus controversé
des traités signés au cours du XIXe siècle. Pour la première
fois, un traité permettait à un agent indien de garder une armoire
à pharmacie dans sa maison, un geste interprété plus tard
par les autochtones comme une promesse du gouvernement d'offrir des soins médicaux
gratuits. Le second événement fut l'adoption de la Loi sur les
Indiens qui, en fait, plaçait les autochtones sous la tutelle de l'État.
Sujets
abordés dans cette section :La Loi sur
les Indiens, 1876 Le traité numéro
6, 1876 Le traité numéro 7, 1877
Autres documents intéressants ou importants La
Loi sur les Indiens, 1876 Une fois qu'une majorité des
autochtones vivant sur les Prairies avaient signé les traités numérotés,
le gouvernement fédéral a introduit et adopté une loi pour
amender et consolider les lois précédentes ayant trait aux autochtones.
En fait, cette loi transformait les autochtones en pupilles légaux de l'État.

Droit d'auteur/Source
Cette loi définissait aussi les conditions
pour qu'un Indien soit
reconnu comme tel aux yeux de la loi. Par exemple : - Toute femme ayant
épousé un homme autochtone pouvait être considérée
comme une Indienne et il lui était permis de vivre, et même de se
faire enterrer, sur une réserve. Le statut
d'Indien permettait aussi à ces femmes de recevoir d'autres avantages
culturels et sociaux. Par contre, toute femme autochtone qui épousait un
homme européen blanc était considérée bona fide
comme un membre de la société canadienne. Elle perdait son statut
d'Indien et tous les droits y rattachés.
- Tous les Indiens
de « sang-mêlé », comme les Métis,
n'avaient pas droit au statut d'Indien. Ceci comprenait les Métis qui avaient
reçu des titres provisoires - c'est-à-dire des titres de terres
transférables ou des allocations d'argent émis sur des certificats
en papier.
Sir John A.
Macdonald a résumé la position du gouvernement en 1885, soit
environ une décennie plus tard, lorsqu'il a déclaré : «
S'ils sont de sang-mêlé, ils sont [considérés par le
gouvernement comme étant des] Blancs. » Cette position fut
maintenue jusqu'en septembre 2003, alors que la cour
Suprême du Canada a rendu un jugement selon lequel les Métis
avaient droit aux mêmes privilèges que les peuples autochtones.
Les clauses de la Loi sur les Indiens énoncent également
les instructions concernant la vente de terres autochtones. La loi autorisait
le gouvernement à accorder des permis pour la coupe et l'enlèvement
du bois sur ces propriétés. Ceci sema la confusion chez beaucoup
d'autochtones qui croyaient avoir cédé des terres seulement pour
les fins de la colonisation et ne comprenaient pas que le gouvernement puisse
y prélever des ressources - leurs forêts. Par ailleurs, les
autochtones ayant enfreint la loi pouvaient maintenant s'attendre à être
accusés en vertu du Code criminel du Canada. À partir de 1876, les
autochtones qui quittaient leurs réserves
ou qui vendaient de l'alcool sur les réserves étaient passibles
d'une des trois punitions légales prévues à cette fin. La
loi fut réécrite en 1951, puis révisée de nouveau
en 1985. Toutefois, plusieurs clauses - dont celles défendant aux autochtones
de boire ou de vivre sur des terres situées en dehors des réserves
- ont été abrogées depuis lors ou ne sont simplement plus
appliquées.

| Après l'adoption de la Loi
sur les Indiens en 1876, les autochtones vivant sur des réserves étaient
forcés d'avoir sur eux une carte d'identité, comme un passeport,
chaque fois qu'ils quittaient les terres de la réserve. | |
| Le traité
numéro 6, 1876

Traités numérotés 6-7
De prime abord, le traité
numéro 6, signé par les Indiens des Plaines
et les Cris des bois,
est très semblable aux cinq précédents. En échange
des terres cédées sur les Prairies, région située
aujourd'hui en Alberta et en Saskatchewan, les autochtones ont reçu de
plus petits lots de terres sur les réserves, de l'argent, des animaux de
ferme, des outils (et autres articles) du gouvernement. Tout comme dans les autres
traités, ils devaient promettre de ne pas consommer d'alcool et de respecter
la loi et l'ordre sur les réserves. Mais cette fois, le gouvernement
a rencontré plus de résistance. Les autochtones avaient de nouvelles
inquiétudes : les colons européens s'avançaient sur les Prairies
à un rythme alarmant et, en s'avançant vers l'ouest, ils évinçaient
les autochtones de leurs terres. Les troupeaux de bisons étaient aussi,
à toutes fins utiles, disparus de cette région, et le gros gibier
autre que le bison, tels que le chevreuil, se trouvait en nombre restreint. De
plus en plus d'autochtones étaient maintenant menacés par la famine.
Et par-dessus cela, des épidémies, comme la petite vérole,
décimaient les populations autochtones. Poundmaker,
le fameux chef des Cris, refusa tout d'abord de signer le traité, car il
estimait que le gouvernement tentait de soutirer injustement des terres de sa
nation. Il aurait déclaré ce qui suit :
«
Ceci est notre terre! Ce n'est pas seulement un morceau de pemmican à être
découpé et nous être redistribué en petits morceaux.
Elle est à nous et nous prendrons ce que nous voulons. »
Avant
décembre 1882 toutefois, il n'avait plus le choix. Le bison était
devenu si rare que son peuple mourait de faim. Comme son meilleur espoir de survie
résidait dans l'acceptation de l'argent et des ressources du gouvernement,
il a permis la relocalisation de son peuple sur les terres d'une réserve.

Droit d'auteur/Source
Le traité numéro 6 était
unique en ce sens qu'il fut le seul traité de son genre à offrir,
de manière sous-entendue, des soins médicaux. Il permettait à
un agent indien de
conserver, dans sa maison, une armoire à pharmacie pour l'usage et le bénéfice
des autochtones. Certains autochtones ont interprété cette clause
comme s'adressant à tous les autochtones qui avaient signé les traités
numérotés. Quelques-uns l'ont aussi interprétée comme
une promesse du gouvernement fédéral d'assurer la gratuité
des soins de santé à tous les autochtones du Canada - pour toujours.
Le traité numéro
7, 1877

Droit d'auteur/Source
Ce traité fut signé par un certain
nombre de bandes autochtones dont, entre autres, les Pieds-Noirs
et les Stoneys vivant dans
ce qui est aujourd'hui l'Alberta. Il est très semblable aux traités
précédents, sauf quelques exceptions. Il ne comportait aucune clause
relative aux soins de santé comme celle du traité numéro
6; mais ces bandes avaient néanmoins réussi à négocier
de manière à obtenir de plus fortes sommes d'argent et plus de provisions
que lors de la négociation des traités antérieurs. Ce traité
serait le dernier des traités numérotés signés entre
le gouvernement et les autochtones avant 1899.
Autres documents intéressants ou
importants
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