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En
1763, un nouveau document connu sous le nom de Proclamation
royale a fixé les frontières d'une nouvelle colonie, le
Québec - qui avait jusque-là été sous le contrôle
des Britanniques. Ce document allait ouvrir un nouveau chapitre dans les relations
entre les Européens et les autochtones,
car c'était le premier document qui faisait appel à des négociations
pour obtenir des cessions
territoriales. Pour la première fois, on s'attendait à ce que les
peuples autochtones acceptent l'extinction de leurs droits territoriaux pour permettre
une colonisation à grande échelle. Sujets abordés
dans cette section :La Proclamation royale, 1763
Le point de vue des autochtones sur la propriété
foncière L'Acte de Québec, 1774

Amérique du Nord-Est, 1763
La
Proclamation royale, 1763 En 1763, la Proclamation
royale fut rédigée pour intégrer la Nouvelle-France
dans l'empire britannique de l'Amérique du Nord. Elle créa la province
de Québec le long d'une étroite bande de terre située sur
les rives du fleuve Saint-Laurent. Mais, une partie de la proclamation se rapportait
aussi aux questions autochtones. Les Britanniques, qui contrôlaient
maintenant le Québec, voulaient assurer la colonisation, mais ils désiraient
aussi que les autochtones aient leurs propres terres sur des réserves.
Ceci était d'autant plus important que les Britanniques s'attendaient à
un afflux vers le nord de colons provenant des treize
colonies. Mais, en fin de compte, cette démarche pour protéger
les terres autochtones n'a fait qu'engendrer la frustration des colons et des
marchands britanniques de la colonie. La Grande-Bretagne ne tenait pas à
ce que les colons fassent des transactions foncières pour protéger
les intérêts des autochtones. La Proclamation royale laisse
entrevoir : elle note qu'avant 1763, les intérêts britanniques
étaient la source « de fraudes et d'abus importants ». Après
tout, à peine dix ans plus tôt, les Mohawks avaient brisé
la chaîne d'alliance
avec les colonies américaines en raison de la colonisation anglo-américaine
qui s'était étendue sur les territoires autochtones sans leur permission.
Après avoir combattu durant des années les Français en Amérique
du Nord et à l'étranger, les Britanniques voulaient gagner l'allégeance
des autochtones afin de prévenir d'autres guerres frontalières coûteuses
et sanguines lors de l'arrivée de nouveaux colons britanniques. Par
conséquent, ils voulaient s'assurer qu'à l'avenir, toute négociation
avec les autochtones aurait lieu en public, par des représentants de la
Couronne britannique,
et que les résultats finaux de telles négociations seraient enregistrés
par écrit dans des traités.
La proclamation donnait aussi à la Grande-Bretagne le droit d'acquérir
des territoires de chasse et de pêche appartenant aux autochtones, mais
permettait aux autochtones de conserver leurs droits de chasse et de pêche
sur ces mêmes terres. Ce point allait devenir très important dans
les futures revendications et les procès intentés par les nations
autochtones.

Droit d'auteur/Source
En octobre et novembre 1768, une
conférence fut tenue au fort Stanwix, New York, pour fixer les frontières
des terres réservées à la chasse selon l'entente conclue
entre toutes les parties de la chaîne d'alliance et édictée
dans la Proclamation royale. Les Iroquois
ont remercié les Britanniques d'avoir « poli la chaîne »
alors que ses bords avaient terni.
| Pour en savoir plus au sujet de la
Proclamation royale : |
Le point de vue des autochtones sur la propriété
foncière Le concept de propriété foncière
était complètement étranger aux peuples indigènes.
Selon la perspective culturelle et spirituelle des autochtones, la terre ne
peut pas être achetée ou vendue. Ils se voyaient comme les gardiens
spirituels de la terre, non pas ses propriétaires. La terre était
considérée comme un cadeau du Créateur ou Grand Esprit, et
ses ressources ne devaient être utilisées que pour la survie. Par
conséquent, l'idée de « céder » la terre en était
une qui a causé beaucoup de confusion à l'intérieur des communautés
autochtones, et a peut-être contribué à d'autres injustices
envers les autochtones - en particulier, la signature des traités du Haut-Canada
et autres traités. Ce point de vue des autochtones sur la propriété
foncière est, de nos jours, à la base de bien des désaccords
relatifs aux droits autochtones.

Amérique du Nord-est, 1774
L'Acte
de Québec, 1774 Cet acte était une prolongation
de la Proclamation royale visant à reculer les frontières
du Québec à l'intérieur du territoire des autochtones situé
au-delà des Grands Lacs, jusque dans les vallées de l'Ohio et du
Mississippi. Selon une interprétation, la raison d'être de la Proclamation
royale devait être respectée en acquérant des terres
autochtones pour les Britanniques. Du point de vue des Britanniques, l'Acte avait
deux buts : conserver la neutralité des Canadiens français durant
la révolte qui s'annonçait au sein des treize colonies et garder
les peuples autochtones du côté des Britanniques. Les colons
établis dans les treize colonies étaient troublés par l'empiétement
des Britanniques sur des territoires autochtones qu'ils considéraient comme
leur appartenant, et percevaient l'Acte de Québec comme l'un des
« actes intolérables
» qui étaient l'une des causes directes de la Révolution américaine.

| Malgré la chaîne d'alliance
et ses promesses de neutralité, quatre des six nations iroquoises
ont combattu aux côtés des Britanniques durant la Révolution
américaine. Après la fin de la Révolution, les Iroquois non-loyalistes
qui ne s'étaient pas battus furent exclus de la chaîne. |
| | Plus tard, l'Acte
constitutionnel de 1791 a remplacé l'Acte de Québec
et a divisé le Québec en deux entités, le Haut
et le Bas-Canada.
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