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texte La période qui suit immédiatement
la Confédération fut particulièrement explosive sur les Prairies
canadiennes, surtout dans la région de l'ancienne colonie de la Rivière-Rouge
qui deviendrait bientôt le Manitoba. Le chef de deux grandes rébellions
dans l'Ouest canadien fut un Métis
du nom de Louis Riel, qui a
encouragé ses compagnons de sang-mêlé à défendre
leurs droits par la voie des armes. Ses tactiques connaîtraient du succès
durant l'une des rébellions, mais allaient échouer lamentablement
durant l'autre - entraînant à la fois sa perte et, indirectement,
la perte des chefs autochtones qui s'étaient rangés à ses
côtés. La rébellion de la Rivière-Rouge,
1869 - 1870 La rébellion du Nord-Ouest, 1885
La rébellion de la
Rivière-Rouge, 1869 - 1870
Beaucoup d'Ontariens voulaient
voir progresser la colonisation dans l'ouest après la Confédération
et ils ont commencé à faire pression sur le gouvernement fédéral
pour qu'il entreprenne les démarches nécessaires pour réaliser
ce projet. La première démarche, l'achat des territoires de la Compagnie
de la Baie d'Hudson en 1868, souleva chez eux beaucoup d'espoir. Les plus
volubiles étaient souvent les membres de l'Ordre
d'Orange et du mouvement Canada First, des groupes anti-catholiques
qui éprouvaient peu de sympathie pour la population métisse qui
était majoritairement francophone ou les autochtones qui vivaient déjà
sur ce territoire. Ensemble, ces deux groupes formaient une population de près
de 100 000 habitants dans la région. Alarmés par la possibilité
de se faire évincer de leurs terres le long des rivières Rouge et
Assiniboine, les Métis (dirigés par Riel) ont empêché
le nouveau gouverneur canadien de pénétrer sur le territoire en
1869 et ont saisi le fort Garry. Le premier ministre, Sir
John A. Macdonald, a réalisé qu'une riposte militaire était
impossible pour plusieurs raisons : -
Les distances à
couvrir par une force militaire étaient énormes, et il n'y avait
pas encore de service ferroviaire dans l'Ouest. -
C'était
au milieu de l'hiver, ce qui rendait une telle intervention encore plus improbable. -
Les Britanniques n'avaient pas encore ratifier
le transfert des territoires au Canada et, par conséquent, les Métis
n'avaient enfreint aucune loi canadienne. Après les
négociations, la province du Manitoba fut créée en 1870,
avec l'inclusion de plusieurs clauses controversées : -
Les terres déjà occupées par les Métis leur seraient
retirées et une large bande de terre serait mise de côté pour
eux. -
Il y avait une clause pour les écoles
confessionnelles. -
Le français serait une langue des
débats.
Mais les Métis ont emprisonné un certain nombre de Canadiens
dans le fort Garry lors de sa saisie en 1869. Sous le commandement de Riel, ils
ont exécuté Thomas Scott, un orangiste ontarien qui s'était
échappé de prison et qui avait tenté de susciter une contre-rébellion
parmi les colons écossais. Le gouvernement fédéral
a envoyé des troupes au cours de l'été de 1870 pour appuyer
Adams Archibald, le nouveau
lieutenant gouverneur du Manitoba, et pour apaiser les Ontariens en colère
après l'exécution de Scott. Craignant d'être arrêté,
Riel s'est brièvement enfui aux États-Unis, mais il était
de retour au Canada dès 1871. On lui accorda une amnistie pour sa participation
dans les événements de 1875, à la condition qu'il s'exile
pour une période de cinq ans. Il a passé une partie de ce temps
dans diverses institutions psychiatriques de Québec. La
rébellion du Nord-Ouest, 1885 En juillet 1884, Riel s'est
installé à Batoche, qui se trouve aujourd'hui dans la Saskatchewan.
Cette communauté formait la principale colonie agricole métisse
dans la partie désorganisée de l'Ouest connue à l'époque
sous le nom de Territoires du Nord-Ouest. Un mois plus tôt, ces Métis
avaient demandé à Riel de les aider à adresser une pétition
à Ottawa dans le but de faire connaître leurs divers griefs. En
décembre 1884, le gouvernement fédéral a accusé réception
de la pétition et a promis d'ouvrir une enquête. Au début
de 1885, Riel, croyant qu'il était envoyé par Dieu sur une mission,
a décidé d'employer les grands moyens afin de prouver ses dires
et de gagner de l'appui. Il a saisi l'église paroissiale de Batoche en
mars 1885 avec l'aide d'un groupe armé de Métis. Ils se sont servis
de l'église comme siège d'un gouvernement provisoire et ont réclamé
la reddition du fort Carlton situé à proximité. Mais,
en 1885, les conditions ne penchaient plus en faveur des Métis comme ce
fut le cas en 1869 : -
L'état de santé mentale
de Louis Riel s'était détérioré, affectant son leadership
et ses décisions. -
La présence de la Police montée
du Nord-Ouest était bien établie dans l'Ouest avant le début
des années 1885. -
Le chemin de fer du Canadien Pacifique
- qui pouvait assurer le transport rapide de nouvelles provisions militaires et
de nouveaux effectifs si nécessaire - était presque complété.
Les affrontements entre la police et les Métis avaient
duré à peine deux mois avant que Riel ne soit obligé de se
rendre. Il fut accusé de trahison en juin 1885 et, malgré une forte
opposition du Québec et les incertitudes au sujet de sa santé mentale,
il fut pendu en novembre de la même année. Malheureusement,
cet incident a également coûté la vie de Big
Bear et de Poundmaker,
chefs autochtones qui avaient participé à la rébellion avec
Riel. Plusieurs militants autochtones au sein de leurs nations ont pris part à
des escarmouches avec la police et les forces armées, et ces chefs furent
trouvés coupables de trahison malgré le fait qu'ils aient souvent
essayé de réprimer les factions militantes durant les combats. 
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Bien que ni Big Bear ni Poundmaker ne soient exécutés,
ils furent condamnés à de courtes, mais sévères, peines
de prisons. Là, leurs esprits furent brisés et ils tombèrent
malades. Ils furent relâchés avant la fin de leur peine, mais ils
succombèrent tous deux de leurs malaises peu après leur libération. Le
gouvernement canadien a aussi condamné huit autres autochtones moins connus
à être pendus pour trahison à cause du rôle qu'ils ont
joué dans la rébellion. Le message du gouvernement fédéral
était clair : il ne tolérerait en aucun cas ce qu'il considérait
comme des actes de trahison.
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