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Chasse aus bandes de bisons / Archives nationales du Canada / C-000429
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Vue d'ensemble des traités numérotés

Les traités numérotés - connus aussi sous les noms de traités de cessions de terres ou traités d'après la Confédération - furent signés entre 1871 et 1921, et attribuaient au gouvernement fédéral de vastes étendues de terres sur les Prairies, dans le Nord canadien et dans le nord-ouest de l'Ontario pour la colonisation blanche et l'implantation d'industries. En échange de ces terres, le Canada promettait de donner divers objets aux autochtones : argent, couvertures, outils, provisions agricoles, et autres choses.

L'impact de ces traités se fait sentir encore aujourd'hui. Par exemple, en mars 2002, le juge d'un tribunal en Alberta a rendu une décision selon laquelle tous les autochtones concernés par le Traité numéro 8 n'avaient pas à payer d'impôt fédéral, qu'ils résident sur une réserve ou non. À ce moment, le traité datait de 103 ans!

Les traités numéros 1 à 5, 1871 - 1875
La révision des traités numéros 1 et 2, 1875
Le traité numéro 6, 1876

Le traité numéro 7, 1877
Les traités numéros 8 à 11, 1899 - 1921
Autres documents intéressants ou importants


Les traités numéros 1 à 5, 1871 - 1875

Les traités numéros 1 à 5
Les traités numéros 1 à 5

Les cinq premiers traités numérotés concernaient des régions situées dans ce qui étaient à l'époque, la nouvelle province du Manitoba et les Territoires du Nord-Ouest - territoire qui correspond aujourd'hui au nord-ouest de l'Ontario et au sud du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta.

Le but de ces traités était d'acquérir les terres des autochtones pour la colonisation et le développement agricole et industriel. Dans les termes écrits de ces traités, les autochtones devaient céder leurs droits territoriaux « pour toujours ».

Le gouvernement procurait notamment des provisions agricoles et des vêtements neufs pour aider à transformer la société autochtone, dont le mode de vie est basé sur la chasse et la cueillette, pour en faire des fermiers civilisés, tout comme leurs contreparties européennes.

Les autochtones recevaient en retour de l'abandon de leurs droits territoriaux :

  • Des terres sur des réserves pour y vivre. En général, chaque famille de cinq recevait à peine 600 mètres carrés de terre. Toutefois, dans le cas des traités numérotés 3 et 4, et seulement ceux-là, les autochtones ont réussi à négocier l'obtention de 2,5 kilomètres carrés de terres pour chaque famille de cinq.

  • De l'argent dont le montant différait d'un traité à l'autre. Toutefois, le montant alloué augmenta en général d'un traité à l'autre, car les autochtones se montraient de plus en plus exigeants.

  • Une allocation pour des couvertures et de l'équipement de chasse et de pêche.

  • De l'assistance agricole.

  • Des écoles sur les terres de la réserve aussitôt que les autochtones en feraient la demande.

  • Un recensement pour vérifier le nombre d'autochtones vivant dans chaque bande, surtout pour des raisons de compensation financière.

  • Le droit de chasser et de pêcher sur toutes les terres cédées et non utilisées pour la colonisation ou l'exploitation forestière ou minière. Cependant, cette promesse n'apparaît par écrit qu'à partir du traité numéro 3.

  • Le gouvernement se réserva le droit de construire des édifices publics, des routes et d'effectuer d'autres travaux essentiels reliés à l'infrastructure.

En retour des articles mentionnés ci-dessus, les autochtones devaient :

  • Promettre de garder la paix et de sauvegarder la loi et l'ordre.

  • Ne jamais posséder d'alcool sur leurs réserves. (L'introduction de l'alcool auprès des autochtones avait donné lieu à des désordres.)

Note : Certaines nations autochtones ont refusé, dans un premier temps, de signer ces traités mais ont, par la suite, décidé d'y ajouter leur signature. Ceci s'appelle une adhésion.

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Traité numéro 1, 1871
(Courtoisie du ministère de l'Affaires indiennes et du Nord canadien)

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Traité numéro 2, 1871
(Courtoisie du ministère de l'Affaires indiennes et du Nord canadien)

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Traité numéro 3, 1873
(Courtoisie du ministère de l'Affaires indiennes et du Nord canadien)

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Adhesion of Lac Seul Indians, 9th June 1874
(Traité numéro 3)

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Traité numéro 4, 1874
(Courtoisie du ministère de l'Affaires indiennes et du Nord canadien)

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Adhesion of the Fort Ellice Saulteaux Indians
(Traité numéro 4)

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Adhesion of Saulteaux and Assiniboine Indians
(Traité numéro 4)

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Adhesion of Cree, Saulteaux and Assiniboine Indians
(Traité numéro 4)

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Traité numéro 5, 1875
(Courtoisie du ministère de l'Affaires indiennes et du Nord canadien)

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Voir aussi la section Autres documents intéressants ou importants au bas de cette page pour d'autres lettres et sources primaires sur ce sujet.

Traité no 1 avec les Premières nations du Manitoba / Archives de Glenbow / NA-47-41
Droit d'auteur/Source

La révision des traités numéros 1 et 2, 1875
Malgré le fait que les autochtones avaient cédé leurs droits territoriaux « pour toujours », les traités numéros 1 et 2 furent renégociés et modifiés en 1875. Les Chippewas qui avaient signé ces premiers traités étaient, depuis lors, irrités par le fait que les promesses verbales faites par les représentants du gouvernement en 1871 n'avaient pas été incluses dans les traités écrits. Les nations des Chippewas se sont mises à côtoyer d'autres autochtones de la région dans le but de les dissuader de signer d'autres traités semblables.

À la fin, le gouvernement fédéral s'est décidé à contrecoeur d'accorder plus d'argent, de vêtements et d'équipements de ferme aux autochtones qui avaient signé les deux premiers traités numérotés. En retour, les Chippewas devaient s'engager à laisser tomber toutes leurs revendications au sujet des promesses « extérieures » ou verbales.

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Memorandum, 27th April, 1875

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Privy Council Report on the Memorandum, 30th April, 1875

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Voir aussi la section Autres documents intéressant ou importants au bas de cette page pour d'autres lettres et sources primaires sur ce sujet.

Traités numérotés 6-7
Traités numéros 6-7

Le traité numéro 6, 1876
À première vue, le traité numéro 6, signé par les Indiens des Plaines et les Cris des bois, ressemble beaucoup aux cinq premiers.

Mais cette fois, le gouvernement a rencontré plus de résistance, car les préoccupations des autochtones étaient sérieuses :

  • De nombreux colons européens s'installaient sur les Prairies à un rythme alarmant et, au fur et à mesure qu'ils avançaient vers l'ouest, ils déplaçaient les autochtones de leurs terres.

  • Le bison, à toutes fins utiles, avait disparu de cette région, et d'autres gros gibiers, comme le chevreuil, se faisaient rares. Par conséquent, de plus en plus d'autochtones se trouvaient maintenant menacés par la famine.

  • Des maladies, comme la petite vérole, décimaient les nations autochtones.

Photographe : Station de quarantaine pour la petite vérole, à Dawson, dans le Yukon / Archives nationales du Canada / PA-022500
Droit d'auteur/Source

Poundmaker, le fameux chef des Cris, a refusé de signer le traité, croyant que le gouvernement tentait de s'approprier injustement les terres de sa nation. Mais, en décembre 1882, il fut forcé de signer le traité, car le bison était à ce point devenu rare que son peuple faisait face à la famine. À ce moment, il était convaincu qu'il était dans le meilleur intérêt des Cris d'accepter au moins tout l'argent et les ressources possibles offerts par le gouvernement.

Cercles magiques / Archives nationales du Canada / C-00416
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De plus, le traité numéro 6 est unique en ce sens qu'il est le seul traité du genre à contenir une clause relative aux soins de santé. Une des clauses permet qu'une armoire à pharmacie soit conservée dans la maison d'un agent indien pour l'usage et l'avantage des autochtones. Certains autochtones ont estimé que cette clause s'étendait à tous ceux qui ont signé les traités numérotés. Plus tard, quelques-uns ont même interprété cette clause comme une promesse immuable du gouvernement fédéral de procurer gratuitement des soins de santé à tous les autochtones du Canada.

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Traité numéro 6
(Courtoisie du ministère de l'Affaires indiennes et du Nord canadien)

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Adhesions to Treaty Number Six

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Sharphead Indians give away Treaty Six reserve land, Sept. 11, 1897

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Dispatch of Alexander Morris, 4th December 1876
(Sur le traité numéro 6.)

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Le traité numéro 7, 1877

Photographe : La famille Blood arrivant en charrette au fort Macleod, Alberta, pour signer l'adhésion au traité no 7, 1893 / Archives de Glenbow / NA-1128-9
Droit d'auteur/Source

Ce traité fut signé par un certain nombre de bandes autochtones, dont les Pieds-Noirs et les Stoneys, vivant dans ce qui est aujourd'hui le sud de l'Alberta. Il ressemble beaucoup aux traités précédents, avec quelques exceptions :

 

  • Il n'y avait aucune clause concertant les soins de santé comme ce fut cas dans le traité numéro 6.

  • Ces bandes ont connu plus de succès dans leurs négociations pour obtenir de plus fortes sommes d'argent et plus de provisions que les négociateurs autochtones qui les avaient précédés.

Ce traité serait le dernier des traités numérotés à être signé entre le gouvernement et les autochtones avant 1899.

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Traité numéro 7
(Courtoisie du ministère de l'Affaires indiennes et du Nord canadien)

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Adhesion to Treaty Number Seven

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Letter from Rev. Constantine Scollen, Sept. 8, 1876
(Sur le traité numéro 7.)

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Dispatch of David Laird, Oct. 4, 1877
(Sur le traité numéro 7.)

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Les traités numéros 8 à 11, 1899 - 1921

Traités numérotés 8-11
Traités numérotés 8-11

Photographe : Foule assemblée pour l'indemnisation prévue dans le traité, Fort Rae, Territoires du Nord-Ouest / Archives de Glenbow / NA-3844-58
Droit d'auteur/Source

Les traités numéros 8 à 11 furent signés sur une période de deux décennies. Les clauses et les conditions ressemblent beaucoup à celles des sept premiers traités, sauf qu'ils ne contenaient aucune clause relative aux soins de santé comme dans le traité numéro 6.

  • Le traité numéro 8 a été signé en 1899 pour permettre au gouvernement fédéral d'acquérir des terres autochtones situées au nord de celles du traité numéro 6, dans ce qui est aujourd'hui le nord de la Colombie-Britannique, de l'Alberta, de la Saskatchewan et le centre-sud des Territoires du Nord-Ouest.

  • Le traité numéro 9 a été signé en 1905 et 1906, et concernait des territoires situés dans le nord de l'Ontario.

  • Le traité numéro 10 fut signé en 1906 et a vu des contrats de cession de terres dans le nord de l'Alberta.

  • Le traité numéro 11 a été signé en 1921 et concernait des terres situées dans les Territoires du Nord-Ouest et dans le Yukon.

Ces traités comportaient tous beaucoup de similitudes entre eux et avec la plupart des traités numérotés antérieurs. Cependant, le traité numéro 8 a introduit un nouveau concept avec la création de petites réserves familiales pour des familles individuelles. Ceci avait pour but de répondre aux besoins de petites bandes regroupées comme celles des Cris des bois et les tribus des Dénés qui habitaient cette région.

Malgré le fait que les autochtones du Nord éprouvaient des difficultés à se débrouiller, le gouvernement a appris, en 1898, que certaines bandes étaient peu disposées à signer le traité numéro 8. Ces bandes ne voulaient pas vivre sur des réserves comme leurs contreparties du Sud, et ils avaient peur que la signature du traité n'entraîne la destruction de leur mode de vie.

 Aquarelle : Un des garçons / Archives nationales du Canada / C-114490
Droit d'auteur/Source

Quelques membres de ces tribus s'inquiétaient du caractère perpétuel de ces traités, et presque tous sont demeurés méfiants envers le gouvernement qui, dans le passé, avait tendance à ne pas toujours tenir parole. Par exemple, les autochtones du Nord ont examiné de près les tentatives visant à transformer les autochtones des Prairies en agriculteurs, tentatives qui, dès 1899, s'étaient avérées un échec total. Beaucoup d'autochtones vivant sur les réserves dans les Prairies souffraient de la pauvreté et de la faim.

Par conséquent, il y avait maintenant un scepticisme croissant à l'effet que le gouvernement réduirait éventuellement les droits de pêche et de chasse des autochtones, puisque le territoire consacré à ces activités se trouvait réduit de beaucoup avec ces derniers traités numérotés. Le gouvernement n'a jamais cessé de réfuter ces allégations tout au cours des négociations des traités numérotés et, dans le but d'apaiser cette peur, a alloué de plus fortes sommes d'argent pour de la ficelle servant à la fabrication des filets de pêche et des munitions.

Par ailleurs, les traités précédents prévoyaient que le gouvernement effectuerait le recensement de tous les autochtones vivant sur les réserves, afin de leur attribuer annuellement une somme globale d'argent. Mais, à ce moment, le gouvernement ne savait plus combien il y avait d'autochtones sur les réserves. Même encore aujourd'hui, nous ignorons le chiffre précis du nombre d'autochtones vivant au Canada en raison de la pauvre qualité des recensements effectués à la fin du XIXe siècle.

Toutes ces choses pèseraient lourdement dans l'esprit de beaucoup d'autochtones qui ont consenti à signer les traités numéros 8 à 11.

Le saviez-vous ?

À l'aube du XXe siècle, le gouvernement fédéral consacrait environ les trois-quarts de son budget réservé aux autochtones à ceux vivant sur les Prairies, quoique ceux-ci ne composaient qu'environ un quart de la population totale des autochtones du Canada.


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Traité numéro 8
(Courtoisie du ministère de l'Affaires indiennes et du Nord canadien)

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Traité numéro 9
(Courtoisie du ministère de l'Affaires indiennes et du Nord canadien)

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Traité numéro 10
(Courtoisie du ministère de l'Affaires indiennes et du Nord canadien)

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Traité numéro 11
(Courtoisie du ministère de l'Affaires indiennes et du Nord canadien)

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