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Avant les premiers contacts avec
les Européens, les femmes jouaient un rôle politique important dans
plusieurs sociétés autochtones.
Ce rôle a perdu de l'importance avec le temps, au point où leurs
voix politiques ont été réduites au silence et la violence
à l'endroit des femmes est devenue un problème social de taille.
La Loi sur les Indiens
est grandement responsable de ce changement en privant les femmes qui se retrouvent
seules de leur statut de vraie Indienne
- une femme devait épouser un autochtone ou avoir un père autochtone
pour jouir des privilèges et des droits qui accompagnent le statut d'Indien. Le
rôle des femmes autochtones avant le contact avec les Européens
Causes de l'inégalité des sexes et de la violence
La Loi sur les Indiens, 1876 Les
problèmes de l'heure Le rôle
des femmes autochtones avant le contact avec les Européens
Dans beaucoup de sociétés
autochtones, les femmes jouaient un rôle important. Dans certaines nations
de l'Est, comme chez les Iroquois,
les hommes pouvaient être chefs et détenir la balance des responsabilités
dans les prises de décisions quotidiennes, mais c'étaient les mères
de clans qui étaient responsables du vote et de la sélection des
chefs à l'intérieur de leur nation. Si après coup les mères
de clans n'approuvaient plus leur sélection, elles avaient le droit de
retirer le pouvoir du chef et de l'assigner à quelqu'un d'autre. Ainsi,
les chefs mâles devaient, en pratique, rendre compte aux femmes qui, manifestement,
détenaient la balance du pouvoir. Les autochtones des Prairies étaient
plus patriarcaux, car les hommes possédaient plus de pouvoirs que dans
d'autres cultures autochtones. Il y avait toutefois du respect : tout abus ou
tort fait à l'un des membres de leur nation pouvait avoir un impact sur
leur propre survie. Causes de l'inégalité
des sexes et de la violence Certaines personnes jugent que
ce sont les Européens qui ont introduit la notion de l'inégalité
des sexes et qui ont redéfini leurs rôles dans la société
autochtone. Par exemple, les marchands de fourrures européens refusaient
de traiter avec les femmes autochtones, même si la responsabilité
de la préparation des fourrures appartenait habituellement aux femmes.
Éventuellement, les hommes autochtones ont dû prendre la relève
dans ces négociations pour favoriser les échanges avec les Européens. Même
si des Écossais et des Français ont fondé des familles avec
des femmes autochtones durant la période de la traite des fourrures, certains
Européens ont commencé à répandre des mythes voulant
que, de par leur nature, ces femmes étaient, pour une raison ou une autre,
de murs plus légères. Ces notions facilitaient les choses
à tous les hommes qui cherchaient à blâmer injustement ces
femmes autochtones pour leurs problèmes ou à exercer contre elles
des représailles, ce qui les rendaient particulièrement vulnérables
aux abus physiques et sexuels. Cette situation fut aggravée quand
les autochtones furent placés dans des réserves sur les Prairies
durant les années 1800 et forcés de se tourner vers l'agriculture.
Beaucoup d'hommes qui avaient été de grands chasseurs ou pêcheurs
sont devenus de misérables fermiers, ce qui engendra la honte et la colère.
Parfois, ces sentiments débordaient au sein de la famille, et leur rage
démesurée s'abattait alors sur leurs femmes et leurs filles devenues
des cibles faciles. Dans de telles conditions, beaucoup de femmes ont perdu
leur estime de soi. Elles avaient peu de recours - si elles quittaient la réserve
pour échapper à la violence, elles perdaient leur statut d'Indienne
en vertu de l'ancienne Loi sur les Indiens. Malgré les changements
sociaux et légaux de ces dernières années, le problème
n'a pas disparu pour autant. Une femme indigène sur trois peut s'attendre
à être battue par son conjoint. La
Loi sur les Indiens, 1876 La Loi sur les Indiens
de 1876 a effectivement fait des femmes des citoyennes de seconde classe au sein
de la société autochtone, et contribua à leur faire perdre
leur estime de soi et leur statut de groupe. La loi cite explicitement que
seuls les hommes pouvaient être considérés comme des Indiens
de par eux-mêmes. La seule façon pour une femme d'obtenir le privilège
d'être considérée comme une Indienne était de descendre
directement d'un père Indien ou d'épouser un Indien. Si une
femme ayant le reçu le statut d'Indienne par sa naissance épousait
une personne non-autochtone, elle était émancipée
dans la société canadienne et elle perdait automatiquement le droit
: - D'être appelée une Indienne.
- De vivre
sur une réserve indienne.
- D'avoir une sépulture
sur une réserve indienne avec le reste de sa famille.
Par contre,
si une femme non-autochtone épousait un Indien, elle était alors
considérée comme une Indienne qui pouvait vivre et être enterrée
sur une réserve à côté de son époux, et cela
même si elle n'avait aucun autre lien de sang avec les autochtones. Depuis
les lois de 1869, qui sont antérieures à la Loi sur les Indiens,
jusqu'aux révisions de la Loi sur les Indiens en 1951, une femme
autochtone n'avait pas le droit de : - Se présenter comme candidate
à un poste de chef de bande.
- Occuper tout autre fonction sur un conseil de bande.
- Voter dans une élection touchant la bande.
Les choses ne se sont pas améliorées pour les femmes
autochtones en ce qui concerne les droits découlant de leur statut d'Indienne
avant 1985. C'est alors que le projet de loi C-31 fut introduit et adopté
par la législature fédérale. Cette loi a rétabli le
statut d'Indien pour toutes les femmes et tous les enfants qui l'avaient perdu
en épousant un non-autochtone ou en quittant une réserve. Ces
changements ont toutefois causé de l'indignation dans les communautés
autochtones, car ils permettaient à plus de femmes et d'enfants de venir
partager les terres, les ressources financières et autres - des ressources
qui étaient devenues très maigres dès avant 1985. Ce qui
aurait dû être une cause de célébration n'a fait que
diviser encore plus certaines communautés autochtones. Malgré
les changements apportés à la Loi sur les Indiens au milieu
des années 1985, les femmes autochtones sont encore insatisfaites de cette
loi. Elles estiment que cette loi est toujours sexiste et favorise injustement
les hommes. Elles aimeraient que certaines parties de la loi soient réécrites
pour mieux traduire les changements sociaux. Par exemple, si une femme autochtone
vivant sur une réserve veut divorcer son époux, elle peut être
expulsée de sa propre maison sans aucun recours. Le plus souvent, la maison
ira à l'ex-époux selon l'Association des femmes autochtones du Canada
qui, en 1999, a intenté un procès contre le gouvernement du Canada
à ce sujet.

| Au début de ce
siècle, à peine moins de 30 pour cent de toutes les femmes autochtones
du Canada vivaient sur des réserves, fort probablement pour des raisons
de sécurité et les faibles chances de trouver un emploi satisfaisant.
La plupart des femmes autochtones quittent les réserves aussitôt
qu'elles deviennent adultes. | | |
Les problèmes de l'heure Pour
certaines femmes autochtones, la vie est sans doute meilleure qu'elle ne l'était
durant la période des restrictions sévères imposées
par la Loi sur les Indiens à la fin des années 1800 et
au début des années 1900. Dès 1974, l'Association des femmes
autochtones du Canada avait été créée comme véhicule
politique pour faire entendre leurs griefs à travers tout le pays. (Cette
association, et d'autres organismes populaires représentant les femmes
autochtones, reçoivent très peu de financement et doivent souvent
lutter pour se faire entendre.) Voici quelques-unes des nombreuses questions
demeurées en suspens qui touchent les droits des femmes autochtones et
qui doivent être réglées : - Les femmes autochtones
n'ont pas encore obtenu l'égalité du droit de parole dans les organisations
régulières des Premières
nations et les conseils de bandes où les hommes dominent toujours.
Dans le passé, les hommes qui dirigent ces bandes et organisations ont
mis davantage l'accent sur les droits accordés dans les traités
concernant les terres, la chasse et la pêche. Alors que ces droits concernent
aussi les femmes autochtones, ils jettent souvent une ombre sur d'autres questions
telles que le bien-être des enfants, le logement et les soins de santé.
- Les femmes autochtones demeurent toujours des cibles faciles pour
les actes de violence à cause des nombreux problèmes soulevés
plus haut. Elles ont aussi éprouvé de sérieuses difficultés
à obtenir l'aide des policiers au cours des disputes domestiques ou dans
des circonstances qui mettent leur vie en péril dans certaines régions
du pays où subsistent des préjugés raciaux et culturels.
- Les femmes autochtones sont plus à même de se
retrouver en prison que d'autres femmes, car elles sont souvent des victimes de
longue date des représailles de la part des hommes et pour d'autres raisons
d'ordre social comme la pauvreté. Par exemple, les femmes autochtones se
voient souvent incapables de payer de petites amendes et sont, pour cette raison,
incarcérées.
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