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Dès les années 1870, le gouvernement fédéral
s'est efforcé de convaincre les autochtones
qu'ils avaient besoin d'écoles pour devenir des membres productifs de la
société canadienne. Mais le prix de ces écoles allait, après
coup, s'avérer très lourd de conséquences : elles sont à
la source de bien des problèmes sociaux qui affectent les communautés
autochtones d'aujourd'hui. Pendant que les écoles résidentielles
de la fin du XIXe et du XXe siècle nous sont bien connues, des premières
tentatives de bâtir de telles écoles remontent à l'époque
de la Nouvelle-France. Les politiques scolaires
d'avant la Confédération Les
politiques scolaires d'après la Confédération Les
problèmes Les politiques
scolaires d'avant la Confédération
Les missionnaires
catholiques, qui cherchaient à aider et à éduquer les autochtones,
ont fait construire les toutes premières écoles résidentielles
en Nouvelle-France et dans ce qui est aujourd'hui le Nouveau-Brunswick. Mais ces
écoles étaient peu répandues. Après la conquête
de la Nouvelle-France, les premières écoles confessionnelles pour
les autochtones furent dirigées par des méthodistes et des anglicans
dans le Haut-Canada au cours des années 1830. L'administration coloniale
britannique et le Bureau colonial ont peu à peu appliqué une politique
d'assimilation. Il
était souhaité que les autochtones puissent être transformés
en colons dociles, dont le mode de vie serait basé sur l'agriculture et
qui croiraient en un Dieu chrétien comme leurs contreparties européennes.
Ces écoles dispenseraient un enseignement religieux qui leur transmettrait
des valeurs européennes, tout en leur enseignant les principes de base
de l'agriculture et d'autres métiers reliés à l'industrie
agricole. Ces écoles ont jeté les bases de l'établissement
d'autres écoles semblables sur les Prairies canadiennes à compter
des années 1880.
Les
politiques scolaires d'après la Confédération
Au cours des années 1870, le gouvernement fédéral s'est efforcé
d'établir des écoles résidentielles et industrielles de jour
pour desservir les autochtones durant la négociation des traités
numérotés. Les écoles de jour seraient situées
à proximité ou sur les réserves; les écoles résidentielles
seraient établies dans des régions plus éloignées.
Avant les années 1950, une partie de la journée était consacrée
à l'étude à l'intérieur de ces écoles alors
que, durant l'autre partie de la journée, les élèves apprenaient
les techniques agricoles. Ces écoles étaient financées
ou administrées par le gouvernement fédéral ou par les Églises
anglicane, catholique, méthodiste et presbytérienne (qui deviendra
éventuellement l'Église Unie). Avec le temps, le rôle du gouvernement
fédéral a diminué et, pour survivre, ces écoles furent
forcées de compter sur le travail des élèves autochtones
et les dons des paroissiens. Le gouvernement fédéral favorisait
surtout les écoles résidentielles, car il croyait qu'au fur et à
mesure que les autochtones deviendraient autosuffisants, ils auraient tendance
à dépendre de moins en moins des fonds du gouvernement. À
l'époque, la plupart des payeurs de taxes habitaient le centre et l'est
du Canada et le gouvernement ne voulait s'attirer la colère des électeurs
en dépensant beaucoup d'argent sur les peuples autochtones vivant dans
l'Ouest canadien. Le gouvernement a aussi soutenu ces écoles estimant
qu'elles aideraient la jeunesse autochtone à s'adapter et à mieux
tolérer l'arrivée des colons européens blancs dans les Prairies. Au
début, les chefs autochtones étaient heureux d'accueillir ces écoles.
Plusieurs chefs pensaient que ces écoles aideraient leurs peuples à
tirer profit des nouvelles technologies et permettraient à leur jeunesse
d'acquérir des compétences utiles. Mais les Églises
et le gouvernement fédéral croyaient, pour leur part, qu'en se servant
de ces écoles pour supprimer leur culture, leurs coutumes et leurs langues,
ils pourraient transformer les autochtones pour en faire des citoyens modèles
et plus productifs. Ceci allait engendrer des conflits entre les autochtones et
le gouvernement fédéral pendant près d'un siècle.
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Avant 1883, des écoles industrielles et résidentielles
avaient commencé à faire leur apparition dans pratiquement toutes
les provinces canadiennes, à l'exception de la plupart des provinces maritimes.
Le gouvernement jugeait que la plupart des autochtones vivant dans les Maritimes,
sauf la Nouvelle-Écosse, avaient été suffisamment assimilés
dans la société canadienne et que, par conséquent, ces écoles
n'y étaient pas nécessaires | | |
Les problèmes 
Droit d'auteur/Source
Ces écoles furent la source de bien
des problèmes et inquiétudes : - Elles étaient
des terrains propices à la propagation de maladies souvent fatales comme
la petite vérole et la tuberculose.
- Il était
défendu aux élèves de pratiquer leurs coutumes autochtones
ou de parler des langues autochtones.
- Elles étaient
peu entretenues, au point de poser de sérieux problèmes et sécurité
ou de santé.
- Elles furent la source de beaucoup d'animosité
entre le gouvernement et les parents autochtones qui refusaient de laisser partir
leurs enfants.
- Elles étaient peu équipées
pour vêtir convenablement les élèves, surtout pendant la saison
hivernale.
- Elles furent sujettes à des incendies majeurs
qui étaient souvent allumés délibérément par
des enfants à problèmes.
- Les denrées alimentaires
servies dans ces écoles manquaient souvent de valeur nutritionnelle.
- Les travaux exigés des élèves étaient
très durs et demandaient beaucoup d'efforts physiques.
- Les
instituteurs étaient souvent si mal équipés qu'ils se voyaient
limités à enseigner des idéologies religieuses totalement
étrangères à leurs élèves.
- Les
taux d'absentéisme y étaient élevés, tant chez les
instituteurs que chez les élèves. (Il arrivait même que des
élèves se sauvent de l'école.)
En fait,
plusieurs historiens partagent l'avis que ces écoles étaient responsables
d'avoir formé des enfants qui, à l'âge adulte, éprouveraient
divers problèmes de comportement antisocial. Beaucoup jettent le blâme
de cet échec sur le sous-financement gouvernemental et le désintérêt
ou la résistance des autochtones. Bien que le gouvernement ait augmenté
les sommes allouées à ces écoles au cours des années
1950, elles furent enfin soumises à un examen attentif de la part du public.
Les écoles disparurent l'une après l'autre. La dernière école
de ce genre ferma ses portes en 1996.
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En 1907, le Dr Peter Bryce, ancien inspecteur médical
du département des Affaires indiennes, a estimé qu'entre 25 et 50
% des élèves qui fréquentaient ces écoles mouraient
des suites d'une maladie, d'abus motivés par la race ou d'autres raisons.
Source: Hidden
from History: The Canadian Holocaust | | |
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