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texte À la fin des années 1800
et au début des années 1900, les autochtones
ont commencé à douter de la bonne foi du gouvernement fédéral
dans ses négociations de traités avec eux. Les promesses faites
verbalement n'étaient pas tenues, et les promesses incluses dans les traités
antérieurs étaient révoquées dans les traités
subséquents, comme le droit des autochtones de chasser et de pêcher
n'importe où sur les terres de la Couronne. Ceci mena éventuellement
à des mouvements de protestations qui ont débuté aux alentours
de 1910, lorsque des groupes d'autochtones ont organisé des marches sur
la colline parlementaire à Ottawa dans l'espoir de provoquer des changements
politiques. De nouvelles organisations et alliances politiques furent créées.
Mais, certains autochtones croyaient que les seuls moyens de forcer le gouvernement
à prêter l'oreille seraient l'agitation civile et les protestations
violentes. La chaîne d'alliance La
Grande Paix de 1701 Des trahisons laissées
en héritage Leçons tirées du
passé D'autres promesses non tenues
Les réussites politiques modernes Le
militantisme Autres documents intéressants ou
importants La
chaîne d'alliance La chaîne d'alliance compte parmi
les toutes premières affiliations politiques entre les autochtones et l'homme
blanc. Au début des années 1600, une série de traités
furent négociés entre les treize
colonies, qui formeraient éventuellement les États-Unis, et
la Confédération
iroquoise des Six-Nations. L'origine de ces ententes remonte probablement
à l'époque où la nation des Mohawks
et la colonie de New York avaient utilisé des chaînes de fer et d'argent
symbolisant que les parties étaient liées par une promesse. Ces
ententes étaient renégociées lorsqu'une aide financière
additionnelle aux autochtones devenait nécessaire, et on faisait briller
symboliquement ces chaînes pour montrer que des révisions avaient
eu lieu. D'autres colonies, dont le Connecticut, le Massachusetts, le Maryland
et le Rhode Island, se joindraient plus tard à la chaîne, tout comme
la tribu des Tuscaroras.
Mais ces traités ont perdu leur popularité avant le début
du XIXe siècle, surtout après la guerre
de 1812. Alors que les Britanniques et les Américains ont maintenu
des liens étroits avec leurs alliés autochtones en temps de guerre,
ces liens n'étaient de toute évidence plus essentiels lorsque la
paix fut relativement rétablie après la guerre de 1812. Les
colons, de plus en plus nombreux à émigrer en Amérique du
Nord, réclamaient encore plus de terres sur les territoires indiens, terres
qui avaient été attribuées aux autochtones dans la Proclamation
royale de 1763. En fait, colons blancs en petits groupes avaient commencé
à s'établir sur les terres autochtones dès les années
1760 et 1770, et le territoire
indien fut maintes fois redéfini avant la fin du XVIIIe siècle.
Beaucoup d'autochtones américains ont, par conséquent, commencé
à émigrer vers le nord, en Amérique du Nord britannique.
La Grande Paix de 1701 Un
autre exemple à citer parmi les premiers traités conclus entre les
Européens et les peuples autochtones fut la Grande Paix de 1701. Environ
1300 délégués provenant de plus de 40 des Premières
nations se sont rassemblés à Montréal. Suite aux négociations,
un traité fut conclu mettant fin à près de 100 ans de guerre
entre la Confédération iroquoise d'une part et la Nouvelle-France
et ses alliés d'autre part. La portée de ce traité
subsiste jusqu'à nos jours, car il a établi un précédent
avec le recours à la négociation pour régler les désaccords
entre les peuples de Premières nations et les représentants européens
de la colonie devenue aujourd'hui le Canada. Il a aussi jeté les bases
de l'expansion de l' « empire » de la Nouvelle-France vers le sud
et vers l'ouest, et s'est assuré de la neutralité de la Confédération
iroquoise en cas de guerre entre les Français et les Britanniques en Amérique
du Nord. Lors du déclenchement de la guerre
de Sept Ans entre les forces britanniques et françaises, les Iroquois
sont demeurés neutres. En août 1760, les Sept-Nations du Canada
- composées de bandes autochtones qui avaient résidé au Québec
- se sont également jointes à la chaîne d'alliance pour déclarer
leur neutralité après avoir combattu aux côtés des
Français durant la première partie de la guerre de Sept Ans.
Des trahisons laissées en héritage
Au cours de l'histoire de l'Amérique du Nord, les
droits des peuples autochtones ont parfois été ignorés. Voici
quelques exemples parmi d'autres : - Le traité
de Paris, 1783 a défini les frontières entre l'Amérique
du Nord britannique et les États-Unis sans consulter les autochtones.
- Divers traités en blanc furent signés entre les autochtones
et les Britanniques après la Proclamation
royale, à la fin des années 1700, avec le résultat
que les indigènes ont cédé des droits territoriaux en signant
des feuilles de papier laissées en blanc.
- L'abrogation
du traité de Niagara,
1764, par sir Francis
Bond Head en 1836.
- En 1868, la Compagnie
de la Baie d'Hudson a vendu des terres situées dans le Manitoba d'aujourd'hui
au gouvernement fédéral, et cela sans consulter les Métis
ou les autochtones.
La conséquence de ces actes fut, qu'avant
1870, les autochtones et les Métis de l'Ouest canadien se sont montrés
sceptiques face aux motifs du gouvernement fédéral. Ils ont commencé
à empêcher les colons et les arpenteurs d'entrer sur le territoire
des Prairies. Ceci mena directement à la première rébellion
de Riel en 1869, quand une bande de Métis de la région a refusé
de laisser entrer le premier lieutenant-gouverneur du Manitoba, William
McDougall. 
Droit d'auteur/Source
Les autochtones pensaient que les
promesses verbales ne seraient pas honorées durant les traités numérotés.
Leurs pires craintes se sont avérées justes dans les traités
numéros 1 et 2, quand les agents du gouvernement ont déclaré
aux chefs qu'ils recevraient plus d'argent, d'animaux de ferme et d'équipement
agricole, promesses qui ne se sont jamais matérialisées. Bien
que ces traités comportaient des avantages, certaines bandes
autochtones, au milieu des années 1870, en avaient assez de ces promesses
non tenues. Elles ont commencé à dialoguer avec d'autres nations
pour leur faire part des injustices découlant de ces premiers traités
numérotés. Le gouvernement fédéral et le Conseil privé
furent forcés de reconsidérer et de renégocier des sections
de ces traités avec certaines bandes avant 1875. Leçons tirées du passé
Comme il a été démontré dans
la section précédente, les autochtones ont appris, entre 1867 et
1875, qu'ils pouvaient amener le gouvernement fédéral à écouter
leurs griefs en utilisant l'une ou l'autre des deux méthodes suivantes
: - Prendre les armes et construire des barricades, comme durant
la rébellion de la Rivière-Rouge en 1870. Même si cette ligne
de conduite risquait d'entraîner des tragédies et des répercussions
légales, le gouvernement fédéral se retrouvait dans l'obligation
de faire des concessions aux autochtones et aux Métis pour rétablir
des relations pacifiques.
- Créer des alliances politiques
et pacifiques avec d'autres nations autochtones, afin de mieux faire entendre
leurs voix et leurs griefs à travers le Canada.
Durant
presque tout le XXe siècle, les autochtones choisiraient le plus souvent
cette deuxième ligne de conduite. D'autres
promesses non tenues 
Droit d'auteur/Source
Au début des années
1900, le gouvernement fédéral : - Négociait d'autres
traités avec des gouvernements étrangers sans consulter les autochtones,
comme ce fut le cas en 1916 avec le Traité sur les oiseaux migrateurs signé
entre le Canada, les États-Unis et le Mexique pour la conservation de la
faune et de la flore. (Ce traité avait grandement réduit les droits
de chasse des autochtones).
- Respectait de moins en moins ses
promesses. Par exemple, les Traités
de Williams, signés en 1923 en Ontario, ne permettaient plus aux autochtones
de chasser et de pêcher sur les terres de la Couronne dans certaines régions
de cette province, malgré le fait que ces droits avaient été
accordés dans tous les traités numérotés conclus avec
les autochtones des Prairies et du Nord canadien.
En réaction aux menaces réelles et présumées,
les autochtones ont : - Commencé à organiser des marches
de protestation à Ottawa à compter des années 1910, et à
demander au gouvernement canadien d'examiner sérieusement leurs griefs
en ce qui concerne le non-respect des promesses citées dans les traités.
- Formé une association politique nationale en 1919, la
Ligue des Indiens du Canada, pour mieux faire connaître leurs griefs. Cette
ligue s'était inspirée d'une autre organisation, le Grand Conseil
des Indiens de l'Ontario qui a subsisté de 1870 à 1938.
La
réponse du gouvernement fédéral face aux deux situations
précédentes fut mitigée. Par exemple, en 1922, une
délégation d'autochtones a demandé au gouvernement fédéral
d'abroger les amendements à la Loi
sur les Indiens et de suivre aussi fidèlement que possible, dans
les futures négociations, l'exemple du traité numéro
6 qui offrait des soins de santé gratuits pour tous les autochtones.
La réponse officielle du gouvernement fut : «
Trop imprécis. Quels sont les amendements [à la Loi sur les Indiens]
qui doivent être abrogés? Ils ont tous été considérés
avec beaucoup de soin [par le gouvernement]. » Mais les autochtones
ne se laissèrent pas découragés par ces revers, et ils fondèrent
d'autres associations politiques, telles que : - La Native Brotherhood
of British Columbia (1931).
- L'Association des Indiens de
l'Alberta (1939).
- La Fédération des Indiens de
la Saskatchewan (1944).
Les
réussites politiques modernes Les associations politiques
autochtones allaient jouer un rôle déterminant au cours des présentations
faites devant un comité conjoint du Sénat
et de la Chambre des communes,
entre 1946 et 1948, lequel était chargé d'étudier les changements
à apporter à la Loi
sur les Indiens. Ce comité fut créé pour se conformer
à la nouvelle Déclaration universelle des droits de l'homme
adoptée par les Nations Unies. Une nouvelle génération
de chefs autochtones, mieux éduqués et plus en mesure de se faire
entendre que bon nombre de leurs ancêtres, s'est manifestée au cours
des années 1960 - surtout dans le Nord où les hommes d'affaires
et le gouvernement cherchaient à exploiter les nouvelles ressources naturelles.
Ces autochtones se sont souvent avancés pour forcer le gouvernement à
examiner de plus près leurs inquiétudes concernant l'environnement
et leurs droits territoriaux avant de permettre que le Nord soit exploité
pour des raisons économiques. Ceci mena à la création de
la commission Berger au milieu
des années 1970, ainsi qu'à des procès intentés pour
faire respecter leurs revendications territoriales, comme l'affaire
Calder en 1973. Par ailleurs, depuis 1950, quelques autochtones ont
commencé à être nommés ou élus aux parlements
fédéral ou provinciaux, ou encore au Sénat. Nommons, entre
autres, James Gladstone,
Arthur Calder et Elijah
Harper. Ils allaient jouer des rôles importants en déposant les
demandes des autochtones sur la table, comme Harper l'a fait durant les débats
sur l'accord du Lac Meech, au Manitoba, en 1990. Les autochtones se sont
également mobilisés en 1970 pour s'opposer au Livre
blanc du gouvernement fédéral sur la politique indienne. L'adoption
en tout ou en partie des recommandations du Livre blanc aurait grandement réduit
les droits et les revendications territoriales des autochtones Le
militantisme Mais pendant ce temps, il y a, depuis 1990, une
recrudescence de militantisme fondée sur le principe de la désobéissance
civile. Certains autochtones craignent que ce ne soit le seul recours dont ils
disposent et ils ont peur que, s'ils ne prennent pas position, les gouvernements
fédéral et provinciaux ne leur soutirent certains droits territoriaux,
culturels ou autres droits attribués par les traités Parmi
les gestes posés, signalons : La crise d'Oka :
En 1990, les élus municipaux du village d'Oka, au Québec, ont décidé
de permettre la construction d'un terrain de golf sur les terres sacrées
situées près d'une réserve
mohawk. Ceci a soulevé la colère des Mohawks qui ont immédiatement
barré toutes les routes menant à leurs terres. Un officier de police
de la Sûreté du Québec a été tué alors
qu'il tentait de prendre d'assaut les barricades. Les forces armées canadiennes
furent appelées sur les lieux pour enlever les barricades et mettre fin
au conflit par la force. Cette crise a permis au public canadien de prendre
davantage conscience de la cause des peuples autochtones, et a mené à
la création d'une Commission royale sur le sujet. La Commission a finalement
présenté ses conclusions dans un long rapport en 1996. Cette
impasse a facilité les choses pour les militants autochtones qui voulaient
recourir à des moyens non pacifiques, car ils avaient maintenant acquis,
dans une certaine mesure, la sympathie du public canadien.
| Pour plus d'information sur la crise
d'Oka, visitez : | Le lac Gustafsen,
C.-B. : La Gendarmerie royale du Canada a entouré et arrêté
18 traditionalistes autochtones qui voulaient participer à une cérémonie
de la danse du soleil durant l'été de 1995. Ces traditionalistes
campaient illégalement sur des terres de la Couronne
qui avaient été louées à un propriétaire de
ranch américain. (Quelques chefs autochtones ont remis en question l'existence
de ce bail.) Au cours d'une impasse soutenue et qui a duré un mois, au
moins 400 officiers de la GRC étaient présents avec des fusils d'assaut,
des chiens d'attaque et d'autres armes pour assurer la sécurité
des lieux. Durant l'impasse, deux officiers de la GRC furent atteints par
des balles perdues, probablement tirées du campement autochtone. Mais les
activistes autochtones se sont volontairement rendus lorsqu'il est devenu évident
que l'escalade des tensions allait mener à la violence. Le
parc provincial d'Ipperwash : Un groupe de 30 manifestants indigènes
a érigé des barricades dans le parc provincial d'Ipperwash, près
de Grand Bend, en Ontario, en septembre 1995. Ils étaient en colère
parce que le gouvernement fédéral avait obtenu, puis détruit
des terres autochtones, dont un lieu de sépulture, pour construire une
base d'entraînement militaire en vertu de la Loi
des mesures de guerre de 1942. La police provinciale de l'Ontario est
intervenue pour disperser les manifestants. Un chef autochtone du nom de Dudley
George fut tué dans l'échauffourée qui s'ensuivit. La
revendication territoriale fut réglée en 1998 par une entente de
26 millions. Chaque membre de la Première nation de Kettle et de Stoney
Point a reçu entre 150 000 $ et 400 000 $. La terre fut nettoyée
et retournée aux autochtones. Certains groupes indigènes voulaient
quand même que le gouvernement ouvre une enquête officielle sur la
mort de Dudley George. Mais le gouvernement progressiste
conservateur de l'Ontario a toujours refusé d'ouvrir une telle enquête
au cours de son mandat de 1995 à 2003. Il s'est déclaré non
responsable des actions policières durant la descente.
| Pour plus d'information sur la crise
d'Ipperwash, visitez : | Burnt Church
: Les guerriers micmacs
et les pêcheurs non-autochtones sont à couteaux tirés depuis
1999 au sujet du droit des autochtones de pêcher le homard hors saison,
à l'automne. Les non-indigènes croient que, si une telle permission
est accordée, les réserves de homards vont disparaître, ainsi
que leur gagne-pain. Cette situation a débuté en septembre
1999, lorsque la cour Suprême
du Canada a rendu un jugement qui permettait à Donald Marshall, un
pêcheur autochtone, de pêcher en dehors de la saison. Il avait argumenté
que ce droit lui revenait en vertu des traités des années 1760,
et la cour lui a donné raison. Mais, cette situation souleva la
colère des non-autochtones. Au cours des semaines suivantes, ils ont vandalisé
ou détruit les casiers à homard des autochtones, et ces derniers
ont répliqué en détruisant les bateaux et les bâtiments
des Blancs. Les chefs des Premières nations se sont ensuite réunis
et ont proposé que l'on accorde au gouvernement fédéral le
temps nécessaire pour prendre une décision. Trente-deux des 34 bandes
concernées ont consenti. Plus tard, le gouvernement a donné l'ordre
aux autochtones de diminuer le nombre des casiers à homard utilisés
dans l'océan. Certains Micmacs s'y sont opposés, déclarant
que les méthodes de conservation qu'ils utilisaient déjà
empêchaient le dépérissement des réserves de homards
sur la côte atlantique. En 2000, la police et les autochtones se
sont affrontés à plusieurs reprises. Il y a eu des arrestations.
Le gouvernement fédéral a offert aux autochtones la concession d'un
quai de pêche et cinq bateaux modernes, le tout d'une valeur de 2 millions
de dollars. Les Micmacs ont rejeté cette offre, car ils croyaient que tout
compromis avec le gouvernement équivaudrait à une reddition de leurs
droits de pêche obtenus dans les traités. Finalement, en avril
2002, un comité du fédéral a déposé un rapport
visant à prévenir d'autre violence. Il a recommandé que :
- Les accusations résultant d'une confrontation majeure entre la police
et les autochtones soient mises de côté.
- Le gouvernement
fédéral accorde une compensation aux pêcheurs pour la perte
de leurs casiers à homard et de leurs bateaux.
Le comité
a également recommandé que les autochtones s'en tiennent à
la même saison de pêche que les non-autochtones, ce qui signifiait
deux choses : - Que les autochtones n'avaient plus le droit de pêcher
durant l'automne.
- Que les membres de bandes autochtones devaient
obtenir des licences de pêche comme n'importe qui d'autre.
| Pour plus d'information sur la crise
de Burnt Church, visitez: | Autres
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